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Pâmoison de la Vierge

Statues isolées (Vierges, Pietà, saints, retables)

Pâmoison de la Vierge

Ligier Richier

Vers 1531-1532·Bois de noyer (anciennement polychromé)·Église abbatiale Saint-Michel de Saint-Mihiel · Saint-Mihiel

Histoire

La Pâmoison de la Vierge constitue, avec le Sépulcre de Saint-Étienne, l'un des deux chefs-d'œuvre de Ligier Richier conservés dans sa ville natale. Réalisée vers 1531-1532 dans du bois de noyer, l'œuvre comprenait à l'origine neuf personnages disposés autour du Christ crucifié — vaste composition de la Crucifixion ou de la Descente de croix. La Révolution française détruisit la majeure partie de l'ensemble ; seules deux figures ont survécu : la Vierge Marie s'effondrant et saint Jean la soutenant.

L'œuvre est conservée dans l'église abbatiale Saint-Michel, fondée au VIIIe siècle par les Bénédictins et reconstruite au XVIIe siècle dans son aspect actuel. Le mouvement des deux personnages rescapés est saisissant : la Vierge s'affaisse, le corps désarticulé, les mains désespérément levées vers le ciel ; saint Jean, debout, retient son poids, tente de la redresser, dans un drapé d'une virtuosité technique remarquable. Le contraste entre l'élan vertical du disciple et l'effondrement maternel restitue tout le drame du Calvaire.

Le bois de noyer — matériau moins durable que la pierre — exigea un savoir-faire particulier pour produire des modelés aussi subtils. Richier maîtrisait visiblement aussi bien la sculpture sur bois que sur pierre. La polychromie d'origine, qui rehaussait sans doute les visages, drapés et chevelures, a entièrement disparu sous l'effet du temps et des restaurations successives.

L'œuvre se trouve aujourd'hui dans le chœur de l'abbatiale, à proximité des 80 stalles et des boiseries de 1710 qui font la fierté du sanctuaire. Le grand orgue, l'un des plus beaux d'Europe baroque, complète l'écrin de la Pâmoison.

À voir absolument

  • La Vierge s'effondrant, mains levées vers le Crucifié disparu — émotion brute, ressentie dans la matière du bois
  • Saint Jean, debout, l'enlaçant pour la maintenir — drapé tournoyant, jeune visage barbu d'une grande beauté
  • Le dialogue silencieux des deux figures, héritage du gisant à deux figures encore médiéval, élevé ici à la dignité monumentale
  • Les traces d'outils visibles à certains endroits, témoignant du travail direct de Richier sur le bois
  • Les stalles et boiseries de 1710 dans le chœur, environnement liturgique de la sculpture
  • Le grand orgue baroque de la fin du XVIIe siècle, avec son buffet sculpté et ses tourelles de pédales — l'un des plus beaux orgues d'Europe
  • Le monument funéraire de Jean Richier (1608), petit-fils du sculpteur, témoignage de la dynastie d'artistes

Anecdotes & secrets

L'église Saint-Michel abrite également la pierre tombale du petit-fils de Ligier Richier, Jean, mort en 1608. Trois générations de sculpteurs Richier ont vécu et travaillé à Saint-Mihiel — fait rarissime dans la France du XVIe siècle. Gérard Richier, fils de Ligier, acheva le Sépulcre de Saint-Étienne après la fuite calviniste de son père. Jean Richier, le petit-fils, est moins connu mais signa quelques œuvres de second rang dispersées dans la Meuse.

La perte des sept autres figures de la composition originale est une des grandes blessures patrimoniales de Saint-Mihiel. Les vandales révolutionnaires de 1793-1794 confondirent semble-t-il symbole religieux et symbole de l'Ancien Régime. La Vierge et saint Jean, cachés in extremis par un sacristain courageux dans une cave de bois, échappèrent au massacre — pour réapparaître après le Concordat et reprendre leur place dans l'abbatiale.

Conseils de visite

Église ouverte tous les jours en journée, entrée libre. La Pâmoison se trouve dans le chœur, derrière le maître-autel. Combiner impérativement avec le Sépulcre de Saint-Étienne (à 500 mètres) pour comprendre la trajectoire artistique de Richier : la Pâmoison (1531-1532) est une œuvre de jeunesse audacieuse en bois, le Sépulcre (1554-1564) est l'aboutissement monumental en pierre. Saint-Mihiel mérite une demi-journée, en intégrant le Musée d'Art sacré (qui conserve la Sainte Élisabeth de Richier — non incluse ici car payant).

Contexte économique, social et religieux

La Pâmoison de la Vierge constitue, avec le Sépulcre de Saint-Étienne, l'un des deux chefs-d'œuvre de Ligier Richier conservés dans sa ville natale. Réalisée vers 1531-1532 dans du bois de noyer, l'œuvre comprenait à l'origine neuf personnages disposés autour du Christ crucifié — vaste composition de la Crucifixion ou de la Descente de croix. La Révolution française détruisit la majeure partie de l'ensemble ; seules deux figures ont survécu : la Vierge Marie s'effondrant et saint Jean la soutenant.

Sites à proximité du Abbatiale Saint-Michel de Saint-Mihiel(< 10 km)

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