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La Salle du Tau (grande salle du festin)

Espace patrimonial

La Salle du Tau (grande salle du festin)

Robert de Cotte (architecte, 1656–1735) — reconstruction XVIIe siècle

XVIIe siècle (reconstruction après incendie)·Architecture classique — grande salle de réception, poutres en chêne, parquet, hautes fenêtres·Musée du Palais du Tau

Devant l'œuvre

La Salle du Tau est le cœur du palais — une immense salle de réception de 48 mètres de long qui servait à l'origine de salle de banquet royal lors des sacres. Après le sacre dans la cathédrale, le roi revenait dans cette salle pour le grand festin royal — accompagné des pairs de France, des grands officiers et des ambassadeurs. C'est ici que le roi de France, fraîchement sacré, était vu pour la première fois dans sa plénitude monarchique par l'élite du royaume. La salle dit par ses dimensions et son architecture la grandeur du ritual royal.

Symbolisme & lecture iconographique

Le banquet royal après le sacre est un rituel de communion sociale — le roi partage sa table avec ses grands vassaux, reconnaissant implicitement sa dépendance à leur égard. Ce festin dit que le sacre n'est pas seulement une affaire entre le roi et Dieu, mais entre le roi, Dieu et ses sujets.

Analyse des émotions

Traverser la Salle du Tau aujourd'hui — exposée avec ses sculptures et ses tapisseries — c'est traverser un espace qui a vu les banquets de trente-quatre rois de France. La grandeur du lieu dit la grandeur des occasions — et la fragilité de cette grandeur face au temps.

Secrets & mystères

Le palais du Tau tire son nom de la forme en T (tau en grec) de son plan — le bâtiment vu du ciel a la forme d'une croix à une seule branche. Cette forme architecturale est peut-être délibérée (la croix comme symbole chrétien) ou simplement fonctionnelle (les bâtiments s'organisent autour de la cathédrale qui dicte la forme). L'étymologie du nom dit la complexité de la lecture des monuments historiques : chaque interprétation révèle quelque chose sur qui l'interprète.

Le saviez-vous ?

Lors du sacre de Charles X en 1825 — le dernier sacre — 7 000 malades se présentèrent pour être touchés par le roi guérisseur. Charles X posa les mains sur eux en disant la formule traditionnelle : 'Le roi te touche, Dieu te guérit.' Cette tradition du 'toucher des écrouelles' (tuberculose ganglionnaire), attestée depuis le XIIe siècle, était encore pratiquée en 1825 — moins de dix ans avant que Pasteur ne découvre les bactéries.

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