Devant l'œuvre
Soulignez la rareté d'un retable encore en place, dans son église d'origine, près du cimetière Saint-Jean où reposent Dürer et Veit Stoss. Montrez comment un sculpteur du cercle de Stoss et un peintre formé par Dürer collaborent sur un même chantier. Faites imaginer l'ouverture et la fermeture des volets au rythme de l'année liturgique.
Symbolisme & lecture iconographique
La Vierge à l'Enfant encadrée des deux saints Jean — le Baptiste et l'Évangéliste — place au centre du retable les patrons du lieu. Le Wandelaltar ouvre ou ferme ses volets selon le temps liturgique, le sanctuaire sculpté étant réservé aux grandes fêtes : l'image devient calendrier.
Analyse des émotions
Les visages intériorisés, le drapé profond et le sens du volume des figures diffusent une gravité recueillie ; face aux volets peints aux couleurs vives de Wolf Traut, le sanctuaire sculpté impose un silence méditatif, celui des grandes fêtes où il s'ouvrait.
Secrets & mystères
Que le retable soit resté à sa place, quand tant d'ensembles furent démembrés par la Réforme, les guerres ou le marché de l'art, tient du miracle de conservation. L'attribution des figures au seul « cercle » de Stoss, et non à sa main, rappelle la difficulté de distinguer le maître de son atelier.
Le saviez-vous ?
L'église Saint-Jean jouxte le Johannisfriedhof, l'un des plus célèbres cimetières d'Allemagne, où sont enterrés Albrecht Dürer et Veit Stoss lui-même : le retable veille ainsi à quelques pas des tombes des deux génies qui firent la gloire artistique de Nuremberg.
