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De aanbidding van het gouden kalf van Lucas van Leyden

✦ Peinture ✦

La Danse autour du veau d'or de Lucas van Leyden

Lucas van Leyden

v.1530 (datation confirmée par dendrochronologie)·Rijksmuseum, Amsterdam · Amsterdam, Pays-Bas
Faire le puzzle de l'œuvre

Histoire de l'art — Contexte & Singularité

Lucas van Leyden (1494-1533), génie précoce que Dürer admirait, fut d'abord le plus grand graveur du Nord. Ce triptyque, peint vers 1530, est l'un de ses rares tableaux — et l'un des plus originaux : un sujet biblique traité comme une immense scène de plein air, presque une fête champêtre.

Guide du regard : l'idolâtrie et ses plaisirs

Pendant que Moïse reçoit les Tables de la Loi sur le mont Sinaï — minuscule, au loin, à l'arrière-plan —, le peuple d'Israël, resté en bas, fond son or pour adorer une idole en forme de veau et se livre à la ripaille. Le tableau met en garde contre l'infidélité et la débauche. Mais Lucas ne peint pas la faute avec sévérité : il la montre séduisante, festive, pleine de mangeurs, de buveurs et d'amoureux — pour mieux dire à quel point la tentation est douce.

Guide du regard : comment regarder

Suis la composition d'un seul balayage : les trois panneaux forment un paysage continu qui court d'un volet à l'autre, du festin du premier plan jusqu'aux montagnes bleutées. Regarde les groupes attablés sur l'herbe, au premier plan, peints avec une vérité savoureuse de gestes et d'attitudes ; puis remonte lentement vers le veau d'or dressé sur son socle, et enfin vers le Sinaï. L'œil descend et remonte l'échelle du péché et de la Loi. Le panneau, remarquablement conservé, garde des couleurs d'une fraîcheur rare.

Le saviez-vous ?

On croyait le sujet moralisateur froid ; il est tout le contraire. Lucas van Leyden en fait une des premières grandes scènes de genre en plein air de l'art néerlandais : sous couvert de récit biblique, il peint la Hollande qui mange, boit et danse.

Sources

  1. 1.Rijksmuseum, Amsterdam, inv. SK-A-3841

Le peintre

👤

Lucas van Leyden

1494-1533

Rôle : peintre-graveur

Enfant prodige de la ville de Leyde, Lucas van Leyden fut l'un des plus grands graveurs de la Renaissance, le seul que l'on ait osé comparer à Dürer de son vivant. Peintre, dessinateur et surtout maître du burin, il porta la gravure des Pays-Bas du Nord à un sommet que le pays n'avait jamais atteint — et qu'il atteignit presque avant d'être adulte.

L'enfant du burin

Fils du peintre Huygh Jacobsz, Lucas grandit dans l'atelier familial et se révéla d'une précocité stupéfiante : on lui attribue des cuivres achevés dès l'âge de quatorze ou quinze ans, déjà d'une virtuosité que ses aînés lui enviaient. Son burin savait rendre l'air, la distance, la lumière qui se pose sur une étoffe ou un visage : il fut l'un des premiers à traiter le paysage et la profondeur atmosphérique dans la gravure. Ses grandes planches — Mahomet et le moine assassiné, L'Ecce Homo, la série de La Passion — circulèrent dans toute l'Europe et firent de ce Leydois une célébrité internationale. En 1521, il rencontra Albrecht Dürer, de passage aux Pays-Bas ; les deux hommes échangèrent des estampes et se firent le portrait, hommage de maître à maître.

La gloire et sa part d'ombre

Peintre autant que graveur, Lucas laissa des tableaux d'une grande nouveauté — Le Jugement dernierpeint pour une église de Leyde, aujourd'hui gloire du musée De Lakenhal, ouLa Danse de Marie-Madeleine. Mais l'homme derrière le génie reste fragile : de santé délicate, il travailla par à-coups, se dit un temps miné par une maladie qu'il crut être un empoisonnement, et mourut à trente-huit ou trente-neuf ans seulement, en 1533. Son œuvre gravé, immense pour une vie si brève, souffrit longtemps d'être jugé « moins héroïque » que celui de Dürer — comme si la douceur, l'anecdote, l'attention au petit peuple qui font son charme avaient été prises pour de la faiblesse. On y voit aujourd'hui, au contraire, l'invention d'un regard : celui qui, le premier au Nord, sut faire d'une scène de rue ou d'un joueur de cartes un sujet digne du cuivre.

Infos / repères

Lucas van Leyden vécut toute sa vie à Leyde, où il naquit vers 1494 et mourut en 1533. Contemporain de Dürer et de Raphaël, il fut le plus grand graveur des Pays-Bas septentrionaux de son temps et l'un des inventeurs du paysage et de la scène de genre gravés. Il est enterré dans la Pieterskerk de Leyde.

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