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✦ Peinture ✦

Le Jour / Vierge à saint Jérôme (Madonna di San Girolamo)

Correggio, dit Le Corrège

v. 1528

Le peintre

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Correggio, dit Le Corrège

v.1489-1534

Peintre

Rôle : Le Corrège, maître de la lumière et de l'illusion

Antonio Allegri, que l'on nomme d'après sa ville natale, Le Corrège, est le magicien de la douceur. Là où ses contemporains cherchaient la ligne nette et la majesté du dessin, lui a poursuivi une chose plus insaisissable : la caresse de la lumière sur la peau, le passage imperceptible de l'ombre au jour, cette brume dorée qui enveloppe les corps et les rend presque tangibles. Son sfumato n'a rien de froid ; il respire, il enveloppe, il donne à ses figures une chair tendre et vivante. Rien que pour cette sensibilité, il aurait sa place au premier rang.

Mais son audace véritable se joue en hauteur, sous les coupoles de Parme. À San Giovanni Evangelista, puis surtout à la cathédrale, avec l'Assomption de la Vierge, il ose ce que personne n'avait tenté : ouvrir le plafond sur le ciel. Le spectateur qui lève les yeux ne voit plus une surface peinte mais un gouffre lumineux, un tourbillon vertigineux de corps en raccourci qui montent vers la lumière. Les jambes, les bras, les nuées se bousculent en un mouvement ascendant qui semble aspirer le regard. C'est un coup de force perspectif inouï, une architecture illusoire qui abolit la voûte réelle.

Cette invention n'est pas un simple tour de main : Le Corrège y fonde tout un langage. L'illusionnisme des plafonds baroques, ces cieux qui s'ouvrent au-dessus des fidèles dans les églises des deux siècles suivants, descend en droite ligne de ces coupoles émiliennes. Il avait, seul et loin des grands foyers, deux siècles d'avance. Les décorateurs qui viendront après, jusqu'aux fresquistes du plein baroque, ne feront qu'amplifier ce qu'il avait déjà osé le premier.

Son génie ne s'arrête pas au sacré. Dans une série de tableaux profanes, dont la Danaé ou Jupiter et Io, il déploie une sensualité tendre et enveloppée, où le désir se dit par la lumière plus que par la pose. La nuée qui étreint Io, la pluie d'or qui baigne Danaé : la matière même de la peinture y devient sensation. Peu d'artistes ont su rendre avec cette délicatesse l'abandon, la chaleur et le trouble.

Origine : Correggio (Émilie) / Parme

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