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✦ Peinture ✦

Fresques de Scandiano (déposées)

Nicolò dell'Abbate

v. 1540-1546

Le peintre

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Nicolò dell'Abbate

Modène, v.1509 – Fontainebleau (?), v.1571

Peintre émilien, maître de la seconde école de Fontainebleau au service des rois de France.

Rôle : peintre

Quand Nicolò dell'Abbate franchit les Alpes en 1552, il a déjà tout prouvé à Modène et à Bologne : des façades peintes, une science mondaine du décor. Mais c'est en France, à Fontainebleau, qu'il devient autre chose qu'un virtuose régional. Appelé pour seconder Le Primatice, il met sa main au service des dessins du maître et couvre les murs du château de mythologies fastueuses. La galerie d'Ulysse, immense cycle exécuté d'après Primatice, fut son grand œuvre français : des dizaines de scènes où l'épopée d'Homère se déploie en frises lumineuses. Son audace n'est pas dans le sujet, imposé, mais dans la manière : dell'Abbate y glisse des lointains bleutés, des ciels profonds, une respiration du paysage que la peinture française n'avait jamais osée à cette échelle. Ses toiles mythologiques, l'Enlèvement de Proserpine, le Paysage avec la mort d'Eurydice, l'histoire d'Aristée, inventent presque le paysage classique français. La figure y devient petite, le décor immense ; la nature n'est plus un fond mais un personnage. Un demi-siècle avant Poussin, davantage encore avant Claude Lorrain, dell'Abbate a montré qu'un paysage pouvait porter une émotion, une lumière du soir, une mélancolie. Les grands paysagistes français lui doivent cette leçon venue d'Émilie et mûrie en Île-de-France. La nuance est cruelle : presque toute son œuvre française a disparu. La galerie d'Ulysse fut détruite en 1738 sur ordre de Louis XV, et beaucoup de décors se sont dispersés ou effacés. Ce peintre qui a irrigué le goût français ne subsiste plus, sur place, que par des gravures, quelques toiles et le souvenir des érudits.

Origine : Modène (actif à Fontainebleau)

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