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Parc Clichy-Batignolles — Martin-Luther-King

Parcs et Jardins

Parc Clichy-Batignolles — Martin-Luther-King

2007-2020·jardin·Paris 17ème

Histoire

Le parc Martin-Luther-King est le plus jeune grand parc parisien, et l'un des plus innovants. Il occupe l'emplacement d'un ancien faisceau ferroviaire de la SNCF, immense terrain de triage et de manœuvre des trains qui s'étendait sur des dizaines d'hectares entre les voies de la gare Saint-Lazare et la petite ceinture. Pendant un siècle, cette friche industrielle a coupé le 17e arrondissement en deux : d'un côté les Batignolles bourgeoises, de l'autre Clichy populaire, séparés par une cicatrice de fer et de poussière.

Dans les années 1990, la modernisation du trafic ferroviaire libère progressivement le site. La municipalité Tibéri puis Delanoë envisagent d'y créer un grand projet d'urbanisme — la ZAC Clichy-Batignolles — qui combinerait logements, équipements publics, bureaux et un vaste parc central. Le concours pour le parc est lancé en 2002, remporté par la paysagiste Jacqueline Osty, future Grand Prix de l'urbanisme 2020, déjà connue pour ses interventions dans plusieurs villes françaises.

Le projet d'Osty s'inscrit dans une démarche écologique de pointe. C'est le premier écoparc parisien : récupération intégrale des eaux pluviales, miroir d'eau alimenté en circuit fermé, plantations choisies pour leur résistance à la sécheresse et leur intérêt pour la biodiversité, refuges pour insectes pollinisateurs, zones laissées en libre développement. Les talus paysagers, les vues croisées, le déroulé en quatre saisons composent une promenade qui n'a rien d'haussmannien.

Le parc s'ouvre par étapes entre 2007 et 2014, au rythme de l'avancée des nouveaux quartiers d'habitation. En 2014, à l'occasion de l'inauguration de la dernière phase, le parc est renommé Martin Luther King, en présence de la veuve du pasteur des droits civiques. Aujourd'hui, dix hectares déploient leur géométrie contemporaine au pied du nouveau Tribunal judiciaire de Paris signé Renzo Piano (2018), tour de 160 mètres devenue rapidement le second gratte-ciel parisien après la tour Montparnasse.

À voir absolument

  • Le miroir d'eau central, alimenté par les eaux de pluie récupérées sur les toits voisins — une lame fine où se reflètent les nuages et la tour Piano
  • Les quatre jardins thématiques des saisons : printemps (cerisiers et magnolias), été (graminées et pelouses), automne (érables et liquidambars), hiver (écorces colorées et baies persistantes)
  • Le belvédère central au sommet d'une butte artificielle, qui offre la vue d'ensemble sur le parc et le nouveau quartier
  • Les terrains de sport en accès libre : street workout, skatepark, basket — populaires auprès des ados du 17e
  • La plaine sportive au sud, vaste pelouse multi-usages pour matchs, pique-niques, festivals
  • Le bassin de biodiversité à l'est, zone laissée en libre développement avec ses joncs, ses iris des marais et ses libellules
  • Les pergolas en bois plantées de glycines et de clématites, qui structurent les allées principales
  • Le tribunal de Paris de Renzo Piano (2018), tour vitrée de 160 mètres en lisière nord du parc — repère architectural majeur du nord parisien

Anecdotes & secrets

Le parc porte le nom de Martin Luther King depuis 2014 — décision votée par le Conseil de Paris en hommage au cinquantenaire du discours I have a dream. Coretta Scott King, la veuve du pasteur, n'a pas pu venir pour l'inauguration (décédée en 2006), mais leur fille Bernice King y a participé à distance. La municipalité a aussi installé sur le site une plaque rappelant la lutte pour les droits civiques, dans un quartier qui se voulait emblème d'une nouvelle inclusion sociale parisienne — la ZAC Clichy-Batignolles mêlant logements sociaux et accession libre dans des proportions exigeantes.

Le parc est un laboratoire écologique grandeur nature. La récupération des eaux pluviales permet d'irriguer l'ensemble du site sans recours au réseau municipal en année moyenne. Le sol a été spécialement composé pour favoriser l'infiltration et limiter le ruissellement. Vingt-cinq pour cent de la surface est laissée en zone sauvage à libre développement — un choix audacieux pour un parc urbain qui s'oppose frontalement à la tradition française de la maîtrise totale du végétal.

Détail souvent ignoré : le parc abrite quelques ruches pédagogiques installées par l'Union Nationale de l'Apiculture Française, dont le miel est vendu certaines années sous le label Miel de Paris 17e. Le quartier voisin de la Cité des Fleurs, micro-village pavillonnaire datant de 1847, conserve aussi un charme unique à dix minutes — autre face du 17e méconnu.

Conseils de visite

Toute saison fonctionne, par la conception même quatre saisons du parc : tulipes et magnolias au printemps, festivals et matchs l'été, érables flamboyants en octobre, écorces et baies en hiver. Le matin tôt en semaine offre un calme rare ; les week-ends d'été sont festifs (sports, pique-niques, échauffement des skateurs). Comptez 1h pour une visite simple, davantage si vous combinez le quartier des Batignolles voisin.

À deux pas, le Square des Batignolles (parc romantique XIXe siècle) offre un contraste classique appréciable ; la rue des Batignolles regorge de bistrots et cafés bobos comme Le Bal Café (rue Forest) ou L'Endroit (place Charles-Fillion). Le marché Batignolles (samedi matin, boulevard de Courcelles) est l'un des meilleurs marchés bio de la rive droite. Parc ouvert tous les jours, accès libre 24h/24 sur certaines portes ; les portes secondaires ferment la nuit. Accessibilité PMR excellente (parc plat, larges allées, rampes).

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