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Jardin des Plantes

Parcs et Jardins

Jardin des Plantes

1635 (Guy de La Brosse)·jardin botanique·Paris 5ème·28 ha·Classé MH

Histoire

Né en 1635 sous Louis XIII, ce jardin doit son existence à Guy de La Brosse, médecin et apothicaire du roi, qui obtient la création d'un Jardin royal des plantes médicinales destiné à cultiver les espèces utiles à la pharmacopée. L'idée s'inspire des grands jardins botaniques italiens et hollandais, notamment celui de Padoue. La Brosse en devient le premier intendant et y enseigne lui-même la botanique, ouvrant les cours au public — démarche d'avant-garde à une époque où le savoir restait souvent claustral.

Le siècle suivant marque le grand tournant. En 1739, Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon, prend la direction du Jardin du roi. Sous son règne de cinquante ans, l'institution change d'échelle : Buffon étend les terrains, fait construire des galeries, des serres, un labyrinthe végétal en spirale, et surtout rédige sa monumentale Histoire naturelle en trente-six volumes qui posera les bases de la biologie moderne. Il s'entoure de naturalistes prestigieux — Daubenton, Jussieu, Lamarck — qui essaiment des disciplines scientifiques nouvelles.

La Révolution française métamorphose le jardin sans le détruire. Décret du 10 juin 1793 : le Jardin du roi devient Muséum national d'histoire naturelle, doté de douze chaires permanentes occupées par les meilleurs savants du temps. La ménagerie naît dans la foulée, en 1794, accueillant les animaux confisqués aux ménageries royales et aux foires ambulantes. Geoffroy Saint-Hilaire et Cuvier y mèneront des recherches fondatrices ; Lamarck y formulera sa théorie évolutionniste, avant Darwin.

Au XIXe et au XXe siècles, le Muséum continue de se développer : Grande Galerie de zoologie (1889), galerie de paléontologie, galeries de minéralogie et de botanique. Tombée en ruine, la Grande Galerie est superbement rénovée et rouverte en 1994 sous le nom de Galerie de l'Évolution, scénographie pionnière qui a fait école dans le monde entier. Aujourd'hui, le Muséum reste un haut lieu de la recherche en biodiversité, écologie et taxonomie.

À voir absolument

  • La Grande Galerie de l'Évolution (1889, rénovée 1994), dans le bâtiment principal, dont la procession d'animaux naturalisés sous la verrière éclairée laisse sans voix
  • La Ménagerie, l'un des plus anciens zoos du monde encore en activité (1794), spécialisée dans les espèces menacées — orang-outans, panthères des neiges, oryx
  • Les Grandes Serres, six immenses verrières (1834-1937) abritant des forêts tropicales, une galerie des forêts arides, un jardin de Nouvelle-Calédonie et l'histoire des plantes
  • L'école de botanique, vaste collection de plantes classées par familles, à l'est du jardin
  • Le labyrinthe végétal de Buffon et son gloriette au sommet de la Butte Coypeau, kiosque en cuivre datant de 1786 — l'un des plus anciens édifices de fer forgé encore debout
  • Le cèdre du Liban planté par Bernard de Jussieu en 1734, à l'entrée nord, vénérable colosse rapporté en pot depuis Londres et arrosé, dit la légende, du chapeau du botaniste pendant la traversée
  • Le jardin alpin, rocaille microclimatique abritant des espèces des montagnes du monde entier, au sud-est
  • La roseraie et le jardin écologique, où se côtoient cinq cents espèces autochtones laissées en libre développement
  • La Galerie de minéralogie et de géologie, qui abrite des cristaux géants et le célèbre rubis dit "de Cromwell"

Anecdotes & secrets

La girafe Zarafa, mascotte involontaire du Paris des années 1820, arriva ici en 1827 après un voyage de huit cent quatre-vingts kilomètres à pied depuis Marseille, encadrée par un Soudanais et des vaches laitières pour la nourrir. Offerte par le pacha d'Égypte au roi Charles X, elle fit fureur : on coupa les coiffures à la girafe, on dessina des assiettes à la girafe, on inventa des pas de danse à la girafe. Elle vécut ici jusqu'en 1845, atteignant l'âge respectable de vingt-deux ans. Son squelette, naturalisé, se voit toujours au Muséum.

Pendant le siège de Paris de 1870-1871, les Parisiens affamés finirent par manger les animaux de la ménagerie. Castor et Pollux, les deux éléphants stars, furent abattus le 29 décembre 1870 et leurs trompes vendues à prix d'or aux restaurants luxueux. La Galerie de l'Évolution conserve un témoignage poignant de cette période. Plus joyeux : le panda géant Yen-Yen, prêté par la Chine, y vécut dans les années 1970 et fit l'objet d'un véritable culte populaire.

Détail savoureux : le pavillon de l'administration, le long de la rue Cuvier, abrite la plus ancienne école vétérinaire de France et un cabinet de curiosités où s'entassent encore des dessins de Redouté, des herbiers de Lamarck, et des spécimens rapportés par Bougainville. Visites possibles sur demande, en groupe et sur réservation. Et dans la grande nef, un fil au plafond marque le passage du méridien de Paris — pendant longtemps notre méridien zéro avant que Greenwich ne l'emporte en 1884.

Conseils de visite

Le jardin s'apprécie en toutes saisons : printemps pour la floraison des cerisiers japonais et de la roseraie, été pour les ombres des grands arbres et les fontaines, automne pour les rouges des érables et liquidambars, hiver pour la majesté des serres tropicales — refuge thermique idéal les jours de froid. Comptez une demi-journée minimum si vous combinez ménagerie ou Galerie de l'Évolution ; une journée entière pour tout faire correctement.

Côté table, le Café Cuvier offre des sandwichs en lisière du jardin. Plus mémorable, à dix minutes, La Mosquée de Paris propose son patio à thé à la menthe et ses pâtisseries orientales. Dans la rue Mouffetard voisine, Le Café des Arts ou les terrasses populaires permettent une pause après la visite. Le jardin lui-même reste ouvert tous les jours de 7h30-8h jusqu'à la tombée du jour ; entrée libre. Les galeries, ménagerie et serres sont payantes (billet combiné conseillé), fermées le mardi. Accessibilité PMR partielle, satisfaisante sur les grandes allées.

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