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Square René-Viviani

Parcs et Jardins

Square René-Viviani

1928 (square) — robinier planté en 1601·square historique·Paris 5ème·0,4 ha

Histoire

Plus petit que la plupart de ses voisins, ce square est pourtant l'un des plus chargés d'histoire de Paris. Niché au bord de la Seine face à Notre-Dame, sur la rive gauche, il se déploie autour de l'église Saint-Julien-le-Pauvre — l'une des plus anciennes de la capitale, érigée au XIIe siècle sur les vestiges d'une chapelle mérovingienne et longtemps point d'arrivée des pèlerins de Compostelle.

L'emplacement abrita au Moyen Âge un hôtel-Dieu auxiliaire, puis une école de l'université de Paris qui formait les étudiants en arts libéraux. C'est dans ce cadre, en 1601, que Jean Robin, jardinier des rois Henri III, Henri IV et Louis XIII, plante un robinier faux-acacia rapporté de Virginie. L'arbre est aujourd'hui le doyen de Paris : plus de quatre siècles, quinze mètres de haut, trois mètres cinquante de circonférence, soutenu par une béquille de pierre pour l'empêcher de plier sous son propre poids.

Le square actuel naît seulement en 1928, après le rasement d'îlots insalubres du quartier de la Bûcherie. Il prend le nom de René Viviani, président du Conseil au début de la Grande Guerre. Les jardiniers de la Ville y agencent des bancs, une pelouse, une fontaine — et conservent précieusement le robinier-patriarche, les vestiges de pierre de Notre-Dame déposés ici après les restaurations Viollet-le-Duc, ainsi qu'un ancien puits.

Après l'incendie de Notre-Dame en avril 2019, le square gagne une nouvelle dimension symbolique : il devient l'un des meilleurs points de vue rapprochés sur la cathédrale meurtrie, puis sur ses échafaudages, puis sur sa renaissance. Des touristes du monde entier viennent y méditer, photographier, prier parfois.

À voir absolument

  • Le robinier faux-acacia de Jean Robin, planté en 1601, doyen incontesté des arbres parisiens, au centre du square — son tronc tortueux, étayé par une béquille de pierre, fascine
  • L'église Saint-Julien-le-Pauvre, accolée au square, dont l'architecture du XIIe siècle compte parmi les plus anciennes de Paris
  • La fontaine en bronze de Georges Jeanclos (1995), composition contemplative d'une mère et de ses enfants, au cœur du square
  • Les vestiges sculptés de Notre-Dame, fragments d'arcs et de chapiteaux déposés ici lors des restaurations du XIXe siècle, à droite en entrant
  • L'ancien puits de l'hôtel-Dieu auxiliaire, témoignage des bâtiments médiévaux disparus, dans la partie nord du square
  • La vue plongeante sur Notre-Dame, depuis la grille donnant sur le quai de Montebello — l'un des plus beaux points de vue sur la cathédrale, surtout au coucher du soleil

Anecdotes & secrets

Le robinier de Jean Robin a survécu à tout : Fronde, Révolution, sièges prussiens, occupations allemandes, bombardements alliés, canicules et tempêtes. La pollution moderne lui a finalement été plus rude que les guerres : à plusieurs reprises, on l'a cru mourant, et il a chaque fois redéployé quelques feuilles tendres au printemps suivant, comme s'il refusait d'abdiquer. Au XIXe siècle, des botanistes voulurent en couper une branche pour la replanter ailleurs ; ils renoncèrent, par superstition autant que par respect.

Saint-Julien-le-Pauvre, à côté, fut longtemps l'église des étudiants : François Villon y aurait prié, et c'est ici que se tenaient les fameuses assemblées de la Nation étudiantes au XIIIe siècle. L'église accueille aujourd'hui le rite gréco-melkite catholique, ce qui en fait l'une des rares églises de Paris où l'on chante la liturgie en arabe. Discrètement, en sous-sol, subsiste l'amorce d'un puits sacré qu'on disait miraculeux au Moyen Âge.

Le square fut l'un des refuges de Ernest Hemingway dans les années 1920, époque où il vivait pauvrement à deux pas, rue Mouffetard. Il y venait écrire sur un cahier à spirales, le ventre vide, en regardant les pierres de Notre-Dame pour ne pas penser à la faim — épisode raconté dans Paris est une fête.

Conseils de visite

Le square se visite en toute saison, mais le printemps, lorsque le robinier déploie ses petites fleurs blanches en grappes parfumées, demeure le moment idéal. L'automne offre une lumière exceptionnelle sur Notre-Dame, l'hiver une atmosphère méditative. Évitez les jours de grosse affluence touristique (week-ends d'été) : l'endroit est petit, vite saturé. Comptez 20 à 30 minutes pour la visite, plus si vous prolongez vers Saint-Julien-le-Pauvre.

À deux pas, Shakespeare and Company, la librairie-icône anglophone, fait office d'extension naturelle du square : café à l'étage, lecture libre, photos défendues à l'intérieur. Pour manger, L'Atelier de Maître Albert (à dix minutes) ou les tables de la rue Galande conviennent. Square ouvert tous les jours de 8h-9h jusqu'à 17h30-21h30 selon la saison. Entrée libre. Accessibilité PMR par l'entrée principale du quai.

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