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✦ Monument ✦

L'église Saint-Maurice de Cobourg

Religieux·Cobourg

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À voir

Avancez dans le chœur : treize mètres d'albâtre montent devant vous, tout l'axe de l'église occupé par un seul monument. Le duc Johann Casimir l'a fait dresser en 1598 à la mémoire de son grand-père, Johann Friedrich l'Intermédiaire — « mort après vingt-huit ans de captivité ». Derrière la splendeur se lit une blessure : la chute de la branche ernestine de Saxe, vaincue avec la Ligue de Smalkalde, dépouillée de sa dignité électorale. Le sculpteur Nikolaus Bergner a taillé quatre ans durant cet albâtre tiré près de Heldburg ; au centre, un relief montre le transport d'un corps vers sa terre. Ici, se souvenir d'un aïeul captif est un acte politique protestant.# L'église Saint-Maurice de CobourgAu cœur de la vieille ville de Cobourg, la Morizkirche dresse ses deux tours au-dessus du marché. Sa nef, reconstruite au XVIe siècle, abrite un trésor que l'on voit de loin : un épitaphe d'albâtre de près de quatorze mètres, élevé entre 1594 et 1598, qui barre tout le fond du chœur. On le compte parmi les plus beaux monuments funéraires de la Renaissance allemande.

Ce qu'il faut regarder

Avancez jusqu'au chœur et levez les yeux : le grand épitaphe d'albâtre monte sur 13,66 mètres, large de 6,55 — une falaise de pierre claire, sculptée par Nikolaus Bergner entre 1594 et 1598. Le duc Johann Casimir le commanda à la mémoire de son grand-père, Johann Friedrich l'Intermédiaire, et de ses deux épouses. La famille ducale y est agenouillée en prière : le duc au centre, ses femmes Agnès de Hesse et Élisabeth du Palatinat, leurs fils. Au registre central, un relief figure le transport du corps d'un patriarche biblique vers Canaan — allégorie du retour du mort dans sa terre.

Approchez-vous des plaques funéraires de bronze scellées dans le chœur : celle de Johann Casimir, travaillée en relief par le fondeur de Cobourg Georg Werther ; celle de Johann Friedrich et d'Élisabeth du Palatinat (1595), coulée par le Nurembergeois Benedikt Wurzelbauer sur un dessin de Peter Sengelaub. Ne manquez pas les fonts baptismaux d'albâtre peint de 1539, où Jörg Diener a taillé un défilé d'enfants, ni le plafond à caissons de la nef, décoré en 1585 par le peintre Wolfgang Sichelschmidt.

Histoire

Une basilique romane s'élevait ici dès le XIIIe siècle ; le patronage de saint Maurice est attesté en 1323. Le chœur gothique fut bâti vers 1380-1400. Au XVIe siècle, la ville reconstruisit la nef : le chantier, commencé en 1520 sous le maître d'œuvre Hans Gris, fut repris la même année par Konrad Krebs — le futur architecte de l'aile Jean-Frédéric du château de Torgau. La charpente fut close en 1532, le dallage posé en 1541.

Le monument qui fait la gloire de l'église est né d'un deuil dynastique. Johann Friedrich l'Intermédiaire, duc de Saxe de la branche ernestine, mourut en 1595 « après vingt-huit ans de captivité », conséquence lointaine de la défaite des princes protestants. Son petit-fils Johann Casimir, qui régnait depuis la Veste et le château d'Ehrenburg tout proches, fit élever en 1598 ce vaste épitaphe à la place même du maître-autel. La Réforme avait vidé les églises de leurs images de saints ; elle les remplissait désormais de la mémoire des princes.

Symboles et secrets

L'épitaphe est un discours de légitimité. En montrant toute une maison agenouillée face à Dieu, il affirme la piété et la continuité d'une dynastie que la défaite avait humiliée. Le relief du patriarche ramené dans sa terre n'est pas innocent : il dit que le duc captif, mort loin des siens, revient enfin « chez lui ». L'albâtre, matière tendre et translucide extraite près de Heldburg, permet un modelé fin des visages et des mains — on quitte le gisant anonyme du Moyen Âge pour le portrait reconnaissable.

Pourquoi ça compte

Parce que ce monument est l'un des sommets de la sculpture funéraire Renaissance en Allemagne, conçu non pour un saint mais pour une famille princière, et parce qu'il condense en une seule œuvre la piété, la politique et l'art d'une cour protestante au tournant de 1600. Autour de lui, fonts, plafond et plaques de bronze font de la Morizkirche un répertoire complet de l'ameublement d'une église de ville au XVIe siècle.

(fin)

Histoire

Une basilique romane s'élevait ici dès le XIIIe siècle ; le patronage de saint Maurice est attesté en 1323. Le chœur gothique fut bâti vers 1380-1400. Au XVIe siècle, la ville reconstruisit la nef : le chantier, commencé en 1520 sous le maître d'œuvre Hans Gris, fut repris la même année par Konrad Krebs — le futur architecte de l'aile Jean-Frédéric du château de Torgau. La charpente fut close en 1532, le dallage posé en 1541.

Le monument qui fait la gloire de l'église est né d'un deuil dynastique. Johann Friedrich l'Intermédiaire, duc de Saxe de la branche ernestine, mourut en 1595 « après vingt-huit ans de captivité », conséquence lointaine de la défaite des princes protestants. Son petit-fils Johann Casimir, qui régnait depuis la Veste et le château d'Ehrenburg tout proches, fit élever en 1598 ce vaste épitaphe à la place même du maître-autel. La Réforme avait vidé les églises de leurs images de saints ; elle les remplissait désormais de la mémoire des princes.

Sources

  1. 1.Wikipedia DE « Morizkirche (Coburg) »
  2. 2.Evangelische Morizkirche Coburg — site de la paroisse

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Fiche mise à jour le 7 novembre 2026

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