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✦ Monument ✦

L'ancien hôtel de ville de Nordhausen

Public / Civique·Nordhausen

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À voir

Devant l'hôtel de ville se dresse un chevalier de pierre : le Roland de Nordhausen. Dans les villes libres d'Empire, ce guerrier planté sur la place n'est pas un ornement — c'est un serment. Tant qu'il se tient debout, la cité se proclame libre de rendre justice en son propre nom, sans autre maître que l'empereur. Nordhausen, ville protestante et indépendante, a rebâti sa maison du conseil en 1608-1610 ; le Roland, lui, veille comme un témoin muet. L'édifice a connu depuis la nuit des bombes de 1945 et sa reconstruction — mais le chevalier, obstiné, continue de garder la mémoire d'une liberté.# L'ancien hôtel de ville de NordhausenAu cœur de Nordhausen, ville libre d'Empire au pied du Harz, l'ancien hôtel de ville fut reconstruit de 1608 à 1610 dans le goût de la Renaissance tardive. Devant lui se dresse le Roland, chevalier de pierre qui, dans les villes libres, incarne la liberté et le droit de rendre justice. Ensemble, ils disent l'orgueil d'une cité qui ne relevait que de l'empereur.

Ce qu'il faut regarder

Sur la place, c'est le Roland qui retient d'abord l'attention : cette figure de chevalier, debout et armée, est le symbole des villes libres — le signe visible de leur autonomie et de leur droit de haute justice. (La statue que l'on voit est une copie ; l'original, plus tardif, est conservé à l'abri.)

Puis tournez-vous vers l'hôtel de ville lui-même, rebâti de 1608 à 1610. Sa silhouette de la Renaissance tardive a été restituée après les destructions de 1945. Le bâtiment reprenait l'emplacement d'un prédécesseur plus vaste et plus ancien, dont il réutilisa des éléments — une continuité de pierre par-dessus les siècles. Sur la place, l'hôtel de ville et le Roland se répondent : la masse du bâtiment d'un côté, la figure dressée du chevalier de l'autre, comme le corps et l'emblème d'une même liberté urbaine, que la ville tenait à montrer à tout venant.

Histoire

Nordhausen est une ville libre d'Empire : comme Mühlhausen, elle ne reconnaît d'autre maître que l'empereur. Un hôtel de ville y est mentionné dès 1360. Au début du XVIIᵉ siècle, le vieux bâtiment, devenu vétuste, est presque entièrement reconstruit de 1608 à 1610, en réemployant des parties de l'édifice précédent.

Le destin du monument bascule au XXᵉ siècle : lors des raids aériens de 1945, de larges parties de l'hôtel de ville brûlent. La reconstruction est achevée en 1952. Quant au Roland, la figure actuelle est une copie ; l'original, daté de 1717, est aujourd'hui conservé dans le hall du nouvel hôtel de ville (élevé en 1936-1937).

La reconstruction de 1608-1610 ne partait pas de rien : les bâtisseurs réemployèrent des parties de l'édifice médiéval, si bien que le nouvel hôtel de ville Renaissance gardait, dans ses murs, la mémoire de l'ancien. C'est une pratique courante dans les villes libres, soucieuses de la continuité de leur siège : la maison du conseil n'est pas un simple bâtiment, mais le dépositaire matériel des franchises de la cité. Nordhausen, comme sa voisine Mühlhausen, appartenait à ce petit groupe de villes de Thuringe qui, ne relevant que de l'empereur, défendaient jalousement leur rang. L'hôtel de ville et son Roland en étaient les deux symboles complémentaires : l'un abritait le pouvoir, l'autre le proclamait sur la place.

Symboles et secrets

Le Roland est l'un des symboles les plus parlants de l'Allemagne urbaine. Chevalier légendaire, compagnon de Charlemagne, il se dresse sur les places des villes libres comme le gardien de leurs franchises : tant qu'il tient debout, la cité proclame son droit de se gouverner et de juger. À Nordhausen comme ailleurs, le Roland n'est pas un ornement mais un acte politique de pierre.

Reconstruire l'hôtel de ville en 1608-1610, en réemployant les pierres anciennes, relevait du même esprit : une ville libre tient à la continuité de son siège, mémoire bâtie de ses libertés.

Pourquoi ce monument compte

Parce qu'il témoigne, avec Mühlhausen, de la tradition des villes libres d'Empire en Thuringe, et de la façon dont elles mettaient leur autonomie en scène — par un hôtel de ville et par un Roland. Son histoire, de la reconstruction de 1608 à celle de 1952, dit aussi la résilience d'un patrimoine urbain plusieurs fois éprouvé.

Histoire

Nordhausen est une ville libre d'Empire : comme Mühlhausen, elle ne reconnaît d'autre maître que l'empereur. Un hôtel de ville y est mentionné dès 1360. Au début du XVIIᵉ siècle, le vieux bâtiment, devenu vétuste, est presque entièrement reconstruit de 1608 à 1610, en réemployant des parties de l'édifice précédent.

Le destin du monument bascule au XXᵉ siècle : lors des raids aériens de 1945, de larges parties de l'hôtel de ville brûlent. La reconstruction est achevée en 1952. Quant au Roland, la figure actuelle est une copie ; l'original, daté de 1717, est aujourd'hui conservé dans le hall du nouvel hôtel de ville (élevé en 1936-1937).

La reconstruction de 1608-1610 ne partait pas de rien : les bâtisseurs réemployèrent des parties de l'édifice médiéval, si bien que le nouvel hôtel de ville Renaissance gardait, dans ses murs, la mémoire de l'ancien. C'est une pratique courante dans les villes libres, soucieuses de la continuité de leur siège : la maison du conseil n'est pas un simple bâtiment, mais le dépositaire matériel des franchises de la cité. Nordhausen, comme sa voisine Mühlhausen, appartenait à ce petit groupe de villes de Thuringe qui, ne relevant que de l'empereur, défendaient jalousement leur rang. L'hôtel de ville et son Roland en étaient les deux symboles complémentaires : l'un abritait le pouvoir, l'autre le proclamait sur la place.

Sources

  1. 1.Wikipedia DE « Altes Rathaus (Nordhausen) »
  2. 2.Stadt Nordhausen — Altes Rathaus und Roland
  3. 3.Dehio-Handbuch der deutschen Kunstdenkmäler, Thüringen

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Fiche mise à jour le 7 novembre 2026

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