
✦ Illustre ✦
Viglius van Aytta
homme d'État / droit
Contributions & œuvres
Il naquit en 1507 dans le hameau de Swichum, à un jet de pierre de Leeuwarden, fils d'une famille de la petite noblesse frisonne — et il mourut à Bruxelles en 1577, l'un des hommes les plus puissants de l'empire de Charles Quint. Viglius van Aytta fut le juriste que les rois écoutaient : de la Frise des marais à la cour de Bruxelles, aucun Néerlandais du Nord n'est monté aussi haut dans l'appareil de l'État habsbourgeois.
Le juriste que l'Europe s'arracha
Viglius étudia le droit là où l'on apprenait le mieux — Louvain, Dole, Bourges — puis l'enseigna à Bourges et à Padoue, et tint cinq ans une chaire à Ingolstadt. Sa science le fit remarquer très jeune : Érasme, qui régnait alors sur la République des Lettres, salua ses dons et l'admit dans son cercle. Mais Viglius n'était pas homme à rester dans les livres. Charles Quint fit de lui un serviteur d'État : membre puis président du Conseil de Malines, conseiller de la régente Marguerite d'Autriche, président du Conseil privé (le cœur du gouvernement des Pays-Bas), puis membre et président du Conseil d'État, et enfin chancelier de l'ordre de la Toison d'or. Il accompagna l'empereur pendant la guerre de Smalkalde ; il resta en fonction sous Philippe II après l'abdication de 1555. Un Frison des marais, devenu la mémoire juridique et la main administrative d'un empire sur lequel le soleil ne se couchait pas.
Un fils fidèle à sa Frise
L'homme d'État ne renia jamais sa terre. Sa fortune, il l'employa à deux fondations qui disent son cœur : un hôpital à Swichum, son village natal, et un collège à l'université de Louvain pour les étudiants pauvres — car il n'avait pas oublié d'où il venait. On peut aujourd'hui suivre ses pas dans la Frise dont il fut le plus illustre juriste : Leeuwarden, sa capitale, où s'élève la Kanselarij (1566-1571), la chancellerie de justice bâtie sous Philippe II — le monument même de l'ordre royal que Viglius incarnait au sommet. Bibliophile, collectionneur, il rassembla une bibliothèque et des archives précieuses, et laissa des mémoires qui restent une source de premier plan sur son siècle.
La part d'ombre
Le grand serviteur fut aussi l'homme d'un système qui allait s'effondrer. Viglius siégea au gouvernement de Bruxelles aux côtés du cardinal de Granvelle, dans les années mêmes où la politique de Philippe II — impôts, répression religieuse, mépris des privilèges — poussa les Pays-Bas vers la Révolte. Prudent, conciliant, il tenta de tempérer les rigueurs, mais il servit jusqu'au bout la cause royale et catholique, du mauvais côté de l'Histoire qui venait. Ce juriste si fin, si mesuré, fut aussi un courtisan qui sut garder sa charge, sa fortune et sa faveur à travers les règnes — là où d'autres perdirent la tête. Sa sagesse même avait quelque chose de la prudence de qui ne veut jamais tomber.
Anecdote mémorable
Viglius refusa d'être le précepteur du futur Philippe II — une charge que bien des ambitieux auraient tuée pour obtenir. Il préféra le droit et l'administration à l'intimité du prince : un choix rare, qui en dit long sur un homme plus attaché au métier d'État qu'aux faveurs de cour.
Importance historique
Il naquit en 1507 dans le hameau de Swichum, à un jet de pierre de Leeuwarden, fils d'une famille de la petite noblesse frisonne — et il mourut à Bruxelles en 1577, l'un des hommes les plus puissants de l'empire de Charles Quint. Viglius van Aytta fut le juriste que les rois écoutaient : de la Frise des marais à la cour de Bruxelles, aucun Néerlandais du Nord n'est monté aussi haut dans l'appareil de l'État habsbourgeois.

