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Contributions & œuvres
Né vraisemblablement dans le Sussex, Weelkes est organiste du collège de Winchester dès 1598, puis de la cathédrale de Chichester vers 1602, où il est aussi maître des enfants de chœur ; il obtient à Oxford le grade de bachelier en musique. Entre 1597 et 1608 il publie quatre recueils qui le placent au premier rang des madrigalistes anglais, aux côtés de Wilbye. Son art s'y distingue par une audace harmonique inouïe : chromatismes hardis, dissonances expressives, figuralisme spectaculaire où la musique épouse le mot. « Thule, the period of cosmography » peint volcans et prodiges par des harmonies vertigineuses ; « O Care, thou wilt despatch me » étreint la douleur ; « As Vesta was from Latmos hill descending », contribution aux Triumphes of Oriana, fait descendre et monter les voix au gré du texte. Mais Weelkes est aussi un grand compositeur d'église : ses services et surtout ses anthems — « Hosanna to the Son of David », « When David heard », « Gloria in excelsis Deo » — comptent parmi les plus puissants du premier baroque anglais.
Anecdote mémorable
Le talent de Weelkes n'eut d'égal que sa chute. Vers 1616, les autorités de Chichester le signalent comme « noted and famed for a common drunkard… and notorious swearer and blasphemer » — ivrogne notoire, jureur et blasphémateur, jusqu'à profaner le service divin par ses éclats d'homme pris de boisson. On le chassa de l'orgue, on le reprit, on le chassa encore ; il mourut à Londres en 1623, loin de la cathédrale qu'il avait fait chanter. L'un des plus grands madrigalistes anglais s'était perdu dans le vin, laissant derrière lui une musique que rien n'avait su altérer.
Influences reçues
Weelkes se réclame de Thomas Morley, pionnier du madrigal anglais, dont il prolonge et radicalise l'art. Il assimile l'expressivité du madrigal italien — chromatisme et figuralisme — et la tradition de l'anthem anglican héritée de Byrd et de la génération précédente.
Influences exercées
Ses madrigaux audacieux et ses anthems puissants marquent le répertoire anglais du premier XVIIᵉ siècle ; « When David heard » inaugure une veine de lamentation reprise par ses contemporains, et son anthem « O Lord, grant the King a long life » a connu une postérité jusqu'aux couronnements modernes.
Importance historique
Weelkes possède l'imagination harmonique la plus aventureuse de toute l'école madrigalesque anglaise. Là où Morley cherche la grâce et la légèreté, Weelkes ose la couleur, le heurt, l'extrême : il pousse le madrigal anglais à ses limites expressives, faisant de la dissonance et du chromatisme des instruments de sens, au service d'une peinture musicale souvent saisissante. Son importance déborde le genre profane : ses anthems, à pleine voix ou en verse, figurent parmi les plus ambitieux et les plus émouvants de son temps — « When David heard », lamentation d'un roi sur la mort de son fils, est un sommet du pathétique anglais. Mais son destin porte un ⅓ d'ombre réel. Musicien d'un talent éclatant, Weelkes sombra dans l'excès : les registres de visite de la cathédrale de Chichester le dénoncent dès les années 1610 comme ivrogne public, jurant et blasphémant jusque pendant l'office. Démis de son poste d'organiste pour ces débordements, réintégré, il garda son lien avec la cathédrale jusqu'à sa mort, mais l'homme s'était ruiné là où le compositeur touchait au sublime. Reste une œuvre d'une force que peu ont égalée.
