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Portrait de Quinten Metsys

✦ Illustre ✦

Quinten Metsys

1466–1530·peintre

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Contributions & œuvres

Né à Louvain en 1466, Quinten Metsys — dont le nom s'écrit aussi Massijs ou Matsys — devient maître de la guilde de Saint-Luc à Anvers en 1491 et fait de cette ville le nouveau foyer de la peinture des anciens Pays-Bas. Son art concilie l'héritage des primitifs flamands, la minutie et la lumière de Jan van Eyck et de Rogier van der Weyden, avec des nouveautés venues d'Italie, notamment le goût léonardesque pour les têtes grotesques et les expressions poussées. Il peint de grands retables religieux — le Retable de sainte Anne, le Retable de l'Ensevelissement du Christ — mais aussi des scènes de genre à portée morale et satirique, dont Le Prêteur et sa femme (1514), et des portraits humanistes, comme celui d'Érasme (1517). Son étonnante Vieille Femme, dite « la Duchesse laide », témoigne d'une veine caricaturale neuve dans l'art du Nord. Portraitiste, peintre dévot et moraliste, il ouvre une voie que suivra tout le XVIe siècle anversois.

Anecdote mémorable

Une légende tenace, née dès le XVIe siècle, veut que Metsys ait d'abord été forgeron à Louvain et qu'il se soit fait peintre par amour, pour conquérir une jeune fille qui n'aurait accepté qu'un artiste. L'épitaphe gravée en son honneur à la cathédrale d'Anvers — un texte du XVIIe siècle — résume joliment la fable : « Connubialis amor de Mulcibre fecit Apellem », l'amour conjugal fit d'un forgeron un Apelle. Qu'elle soit vraie ou brodée, l'anecdote s'accorde à l'art d'un homme qui sut, précisément, transformer la matière brute du réel en peinture.

Influences reçues

Il hérite de la grande tradition des primitifs flamands, la précision et la lumière de Jan van Eyck et le sens du pathétique de Rogier van der Weyden. Il connut aussi, probablement par des dessins et des gravures, l'art italien, et en particulier les recherches de Léonard de Vinci sur les physionomies et les têtes grotesques, qui nourrissent sa veine caricaturale. L'humanisme d'Érasme, qu'il fréquenta, imprègne enfin l'esprit de ses portraits.

Influences exercées

Metsys fit d'Anvers le nouveau centre de la peinture des Pays-Bas et fonda ce qu'on appelle l'école anversoise. Il fut le tuteur des enfants du paysagiste Joachim Patinir, avec qui il collabora. Ses scènes de changeurs et de prêteurs furent reprises et multipliées par Marinus van Reymerswaele, et son fils Jan Massijs prolongea sa manière. Sa veine satirique et son portrait moralisant irriguèrent durablement la peinture de genre flamande et néerlandaise.

Importance historique

Quinten Metsys est la figure pivot entre les primitifs flamands du XVe siècle et l'âge nouveau de la peinture des Pays-Bas. En s'installant à Anvers au moment où la ville devient la grande métropole marchande du Nord, il contribue à déplacer vers elle le centre de gravité artistique jusque-là tenu par Bruges. Son œuvre invente ou fixe plusieurs genres promis à une immense fortune : le portrait moralisant, la scène de banquiers et de changeurs qui interroge l'argent et la cupidité, la caricature expressive. Le Prêteur et sa femme, chef-d'œuvre conservé au Louvre, condense cette nouvelle peinture de la vie et de la conscience. Sa Vieille Femme grotesque connaîtra une postérité inattendue : elle inspira, des siècles plus tard, la Duchesse dessinée par John Tenniel pour Alice au pays des merveilles. Proche du cercle humaniste, ami d'Érasme et de Pierre Gilles dont il peignit les portraits, Metsys lia son art aux lettres et à la pensée de son temps. Par ses fils et ses émules, il fit école et fonda durablement la tradition picturale anversoise.

Peintures (1)

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