
✦ Illustre ✦
Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange
Sculpteur, peintre, architecte — « il Divino »
Sur les pas de Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange — ses œuvres & ses lieux sur la carte →
Contributions & œuvres
On l'a surnommé « il Divino », le Divin, et pour une fois le mot n'a rien d'exagéré. De son vivant, Michel-Ange Buonarroti passe pour le plus grand artiste que l'Italie ait porté, un homme dont chaque coup de ciseau semble arracher au marbre une vérité que personne d'autre ne voyait. Il se pense sculpteur avant tout — sculpteur jusqu'au bout des ongles — et c'est dans la pierre qu'il donne ses chefs-d'œuvre les plus fulgurants. La Pietà du Vatican, taillée quand il n'a que vingt-quatre ans, montre une Vierge d'une douceur bouleversante tenant le Christ mort ; le poli du marbre y devient chair, tissu, larme retenue. Quelques années plus tard, le David de Florence — plus de quatre mètres de tension contenue — impose l'image d'un héros qui pense avant d'agir, et devient à lui seul un symbole de la cité.



Puis vient l'audace la plus folle de toute la Renaissance. Le pape Jules II lui commande de peindre la voûte de la chapelle Sixtine. Michel-Ange, qui se dit peintre médiocre et rechigne, finit par accepter — et choisit de porter presque seul cet immense chantier, des centaines de mètres carrés couverts de dizaines de figures, la Création d'Adam en son centre, ces deux doigts tendus qui ne se touchent pas tout à fait et qui sont devenus l'un des gestes les plus célèbres de l'art occidental. Quatre années passées la nuque brisée, le dos courbé, la peinture qui lui tombe sur le visage. Le résultat sidère l'Europe. Vingt ans plus tard, revenu dans la même chapelle, il peint sur le mur de l'autel un Jugement dernier tourbillonnant, terrible, où les corps montent et chutent dans une gravitation d'âmes.
C'est là qu'il faut nommer sa marque la plus reconnaissable : la terribilità. Le mot italien dit une puissance qui intimide, une grandeur qui écrase presque celui qui la regarde. Ses figures sont musculeuses, tendues, habitées d'une énergie qui semble prête à rompre la pierre ou la fresque. Là où d'autres cherchent la grâce, lui cherche la force et l'âme en lutte. Cette intensité, on la retrouve dans ses esclaves inachevés qui paraissent se débattre pour sortir du bloc, comme si la matière elle-même résistait à l'esprit.
Et l'homme ne s'arrête jamais. Devenu vieux, il se fait architecte et prend en charge le plus grand chantier de la chrétienté : la basilique Saint-Pierre de Rome, dont il conçoit la formidable coupole qui domine encore la ville. Il travaille presque jusqu'à sa mort, à quatre-vingt-huit ans, âge immense pour l'époque. Il écrit aussi des poèmes — sonnets sur l'amour, la beauté, la foi et la mort — car ce colosse du marbre était également un poète tourmenté. Peu d'artistes auront embrassé autant de domaines avec une telle hauteur.
Anecdote mémorable
Adolescent, à l'école du jardin des Médicis où le jeune Michel-Ange se formait, il aurait raillé le travail d'un camarade sculpteur plus âgé, Pietro Torrigiano. Furieux, celui-ci lui décocha un coup de poing qui lui brisa le nez. Michel-Ange en garda toute sa vie un profil écrasé, bien visible sur ses portraits — cicatrice d'un génie qui, jeune déjà, ne mâchait pas ses jugements. Torrigiano, lui, dut plus tard quitter Florence.
Influences reçues
Formé à Florence dans l'atelier du peintre Domenico Ghirlandaio, puis au sein du cercle des Médicis autour de Laurent le Magnifique, où il côtoie humanistes et collections d'antiques. L'étude passionnée de la sculpture gréco-romaine et de l'anatomie du corps humain — nourrie de dissections — façonne son idéal de la figure. Il regarde aussi Donatello et la grande tradition florentine, et se mesure toute sa vie à la peinture de son aîné et rival Léonard de Vinci.
Influences exercées
Son empreinte sur l'art occidental est incalculable. La terribilità et le maniérisme des corps qu'il impose ouvrent la voie à toute une génération, puis nourrissent l'art baroque et sa quête du mouvement et du pathétique. Des artistes de tous les siècles, jusqu'à Rodin, se réclameront de sa manière de faire vivre la pierre. La coupole de Saint-Pierre devient un modèle pour d'innombrables édifices. Aujourd'hui encore, David, la Pietà et la Création d'Adam figurent parmi les images les plus connues de l'humanité.
Importance historique
Michel-Ange incarne le sommet absolu de la Renaissance : l'artiste total, à la fois sculpteur, peintre, architecte et poète, capable de génie dans chaque discipline. Son audace — accepter seul l'immense voûte Sixtine, hisser une coupole au-dessus de Rome, créer jusqu'à quatre-vingt-huit ans — a repoussé les limites de ce qu'un homme pouvait accomplir. Mais le « Divin » était aussi profondément humain : caractère ombrageux et solitaire, brouillé avec les papes qui l'employaient comme avec ses rivaux Léonard, Bramante et Raphaël ; d'une avarice tenace malgré une fortune considérable ; hanté, vieillissant, par le doute et par une foi angoissée. C'est peut-être cela qui le rend si grand : cette puissance surhumaine logée dans un homme difficile, inquiet, jamais content de lui — un géant qui n'a cessé de vouloir libérer l'ange enfermé dans la pierre.
Peintures (5)

Sainte Famille dite Tondo Doni (Sacra Famiglia)
vers 1504-1508 (datation débattue)
📍 La Galerie des Offices

La Voûte de la chapelle Sixtine (Volta della Cappella Sistina)
1508-1512
📍 Chapelle Sixtine, Palais apostolique, Cité du Vatican (Musei Vaticani)

La Création d'Adam (Creazione di Adamo)
vers 1511-1512
📍 Chapelle Sixtine, Palais apostolique, Cité du Vatican (Musei Vaticani)

Le Jugement dernier (Giudizio Universale)
1536-1541
📍 Chapelle Sixtine (mur d'autel), Palais apostolique, Cité du Vatican (Musei Vaticani)

Tondo Doni (Sainte Famille)
v. 1507
Œuvres (30)

La Vierge à l'escalier (Madonna della Scala)
vers 1490-1492
📍 Casa Buonarroti

La Bataille des Centaures (Battaglia dei Centauri)
vers 1492
📍 Casa Buonarroti

Ange au candélabre (Angelo reggicandelabro)
1494-1495
📍 Basilica di San Domenico (Arca di San Domenico)

Saint Procule (San Procolo)
1494-1495
📍 Basilica di San Domenico (Arca di San Domenico)

Saint Pétrone (San Petronio)
1494-1495
📍 Basilica di San Domenico (Arca di San Domenico)

San Paolo (autel Piccolomini)
1501-1504
📍 Autel Piccolomini, Duomo di Siena

David
1501-1504
📍 Galleria dell'Accademia

San Pietro (autel Piccolomini)
1501-1504
📍 Autel Piccolomini, Duomo di Siena

Tondo Taddei (La Vierge à l'Enfant avec le petit saint Jean)
vers 1504-1505
📍 Royal Academy of Arts

Saint Matthieu (San Matteo)
1505-1506 (inachevé)
📍 Galleria dell'Accademia

Moïse (Mosè)
vers 1513-1515
📍 Basilique San Pietro in Vincoli

Les Prisonniers (Prigioni / les Esclaves)
vers 1519-1534
📍 Galleria dell'Accademia

La Madone Médicis
1521-1534 (env.)
📍 Sagrestia Nuova (Nouvelle Sacristie), San Lorenzo — Chapelles Médicis

Tombeau de Laurent de Médicis, duc d'Urbin
1524-1534 (env.)
📍 Sagrestia Nuova (Nouvelle Sacristie), San Lorenzo — Chapelles Médicis

Tombeau de Julien de Médicis, duc de Nemours
1524-1534 (env.)
📍 Sagrestia Nuova (Nouvelle Sacristie), San Lorenzo — Chapelles Médicis

Le Génie de la Victoire
1532-1534
📍 Palazzo Vecchio (Salone dei Cinquecento)

Pietà Bandini (Déposition)
vers 1547-1555
📍 Museo dell'Opera del Duomo

Pietà Rondanini
vers 1552-1564 (inachevée)
📍 Castello Sforzesco (Museo della Pietà Rondanini)

Le Christ de la Minerve de Michel-Ange

La Pietà de Michel-Ange

Tondo Pitti (Vierge à l'Enfant)
vers 1503-1504

David
1501-1504

Brutus
vers 1539-1540

Les Prisonniers / Esclaves inachevés (Jeune esclave, Esclave s'éveillant, Esclave barbu, Atlas)
vers 1519-1534 (probablement fin des années 1520)

L'Esclave mourant
vers 1513-1516

David-Apollon
vers 1530-1532

Pietà Rondanini
1552-1564 (inachevée)

Bacchus
1496-1497

L'Esclave rebelle
vers 1513-1515

Saint Matthieu (inachevé)
vers 1505-1506
Monuments associés (7)

San Lorenzo et les Chapelles des Médicis
Florence ()
Œuvres conservées — Michel-Ange — Tombeaux des Médicis (Giuliano & Laurent ; Nuit, Jour, Aurore, Crépuscule), Madone Médicis (Vierge à l'Enfant) (San Lorenzo et les Chapelles des Médicis)

La Casa Buonarroti
Florence ()
Œuvre conservée — Michel-Ange — Madone à l'escalier ; Bataille des Centaures (La Casa Buonarroti)

Le Palazzo Vecchio
Florence ()
Œuvre conservée — Michel-Ange — Le Génie de la Victoire (Le Palazzo Vecchio)

La basilique Santa Maria sopra Minerva
Rome ()
Œuvre conservée — Michel-Ange — Christ ressuscité (Cristo della Minerva) (La basilique Santa Maria sopra Minerva)

La Basilique Saint-Pierre
Cité du Vatican ()
Œuvres conservées — Michel-Ange — Pietà (1498-1499) et coupole de Saint-Pierre (La Basilique Saint-Pierre)

La basilique Saint-Pierre-aux-Liens
Rome ()
Œuvres conservées — Michel-Ange — Moïse, tombeau de Jules II (+ Lia et Rachel) (La basilique Saint-Pierre-aux-Liens)

La Chapelle Sixtine
Cité du Vatican ()
Œuvres conservées — Michel-Ange — La voûte et le Jugement dernier (La Chapelle Sixtine)
