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Illustre

Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange

Sculpteur, peintre, architecte — « il Divino »

1475-1564·Sculpteur·Caprese / Florence·sculpture · peinture · architecture
« « Je vis un ange dans le marbre et je sculptai jusqu'à le libérer. » @@AVERIFIER (formule très souvent attribuée à Michel-Ange, mais dont la source exacte est incertaine) »

Contributions & œuvres

On l'a surnommé « il Divino », le Divin, et pour une fois le mot n'a rien d'exagéré. De son vivant, Michel-Ange Buonarroti passe pour le plus grand artiste que l'Italie ait porté, un homme dont chaque coup de ciseau semble arracher au marbre une vérité que personne d'autre ne voyait. Il se pense sculpteur avant tout — sculpteur jusqu'au bout des ongles — et c'est dans la pierre qu'il donne ses chefs-d'œuvre les plus fulgurants. La Pietà du Vatican, taillée quand il n'a que vingt-quatre ans, montre une Vierge d'une douceur bouleversante tenant le Christ mort ; le poli du marbre y devient chair, tissu, larme retenue. Quelques années plus tard, le David de Florence — plus de quatre mètres de tension contenue — impose l'image d'un héros qui pense avant d'agir, et devient à lui seul un symbole de la cité.

Puis vient l'audace la plus folle de toute la Renaissance. Le pape Jules II lui commande de peindre la voûte de la chapelle Sixtine. Michel-Ange, qui se dit peintre médiocre et rechigne, finit par accepter — et choisit de porter presque seul cet immense chantier, des centaines de mètres carrés couverts de dizaines de figures, la Création d'Adam en son centre, ces deux doigts tendus qui ne se touchent pas tout à fait et qui sont devenus l'un des gestes les plus célèbres de l'art occidental. Quatre années passées la nuque brisée, le dos courbé, la peinture qui lui tombe sur le visage. Le résultat sidère l'Europe. Vingt ans plus tard, revenu dans la même chapelle, il peint sur le mur de l'autel un Jugement dernier tourbillonnant, terrible, où les corps montent et chutent dans une gravitation d'âmes.

C'est là qu'il faut nommer sa marque la plus reconnaissable : la terribilità. Le mot italien dit une puissance qui intimide, une grandeur qui écrase presque celui qui la regarde. Ses figures sont musculeuses, tendues, habitées d'une énergie qui semble prête à rompre la pierre ou la fresque. Là où d'autres cherchent la grâce, lui cherche la force et l'âme en lutte. Cette intensité, on la retrouve dans ses esclaves inachevés qui paraissent se débattre pour sortir du bloc, comme si la matière elle-même résistait à l'esprit.

Et l'homme ne s'arrête jamais. Devenu vieux, il se fait architecte et prend en charge le plus grand chantier de la chrétienté : la basilique Saint-Pierre de Rome, dont il conçoit la formidable coupole qui domine encore la ville. Il travaille presque jusqu'à sa mort, à quatre-vingt-huit ans, âge immense pour l'époque. Il écrit aussi des poèmes — sonnets sur l'amour, la beauté, la foi et la mort — car ce colosse du marbre était également un poète tourmenté. Peu d'artistes auront embrassé autant de domaines avec une telle hauteur.

Anecdote mémorable

Adolescent, à l'école du jardin des Médicis où le jeune Michel-Ange se formait, il aurait raillé le travail d'un camarade sculpteur plus âgé, Pietro Torrigiano. Furieux, celui-ci lui décocha un coup de poing qui lui brisa le nez. Michel-Ange en garda toute sa vie un profil écrasé, bien visible sur ses portraits — cicatrice d'un génie qui, jeune déjà, ne mâchait pas ses jugements. Torrigiano, lui, dut plus tard quitter Florence.

Influences reçues

Formé à Florence dans l'atelier du peintre Domenico Ghirlandaio, puis au sein du cercle des Médicis autour de Laurent le Magnifique, où il côtoie humanistes et collections d'antiques. L'étude passionnée de la sculpture gréco-romaine et de l'anatomie du corps humain — nourrie de dissections — façonne son idéal de la figure. Il regarde aussi Donatello et la grande tradition florentine, et se mesure toute sa vie à la peinture de son aîné et rival Léonard de Vinci.

Influences exercées

Son empreinte sur l'art occidental est incalculable. La terribilità et le maniérisme des corps qu'il impose ouvrent la voie à toute une génération, puis nourrissent l'art baroque et sa quête du mouvement et du pathétique. Des artistes de tous les siècles, jusqu'à Rodin, se réclameront de sa manière de faire vivre la pierre. La coupole de Saint-Pierre devient un modèle pour d'innombrables édifices. Aujourd'hui encore, David, la Pietà et la Création d'Adam figurent parmi les images les plus connues de l'humanité.

Importance historique

Michel-Ange incarne le sommet absolu de la Renaissance : l'artiste total, à la fois sculpteur, peintre, architecte et poète, capable de génie dans chaque discipline. Son audace — accepter seul l'immense voûte Sixtine, hisser une coupole au-dessus de Rome, créer jusqu'à quatre-vingt-huit ans — a repoussé les limites de ce qu'un homme pouvait accomplir. Mais le « Divin » était aussi profondément humain : caractère ombrageux et solitaire, brouillé avec les papes qui l'employaient comme avec ses rivaux Léonard, Bramante et Raphaël ; d'une avarice tenace malgré une fortune considérable ; hanté, vieillissant, par le doute et par une foi angoissée. C'est peut-être cela qui le rend si grand : cette puissance surhumaine logée dans un homme difficile, inquiet, jamais content de lui — un géant qui n'a cessé de vouloir libérer l'ange enfermé dans la pierre.

Peintures (1)

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