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Illustre

Lorenzo Ghiberti

Sculpteur et orfèvre

1378-1455·Sculpteur·Florence·sculpture · orfèvrerie

Contributions & œuvres

On connaît Lorenzo Ghiberti par une image restée célèbre : celle des deux portes de bronze du Baptistère de Florence, ce petit édifice octogonal planté juste devant la cathédrale. La seconde de ces portes est si belle que Michel-Ange l'aurait surnommée « les Portes du Paradis ». Le mot est resté. Mais avant d'être un chef-d'œuvre admiré, c'était d'abord un immense chantier d'orfèvre, et le jeune Ghiberti a bâti toute sa vie autour de lui.

Tout commence par un concours. En 1401, la ville de Florence met en compétition les meilleurs artistes pour décorer une première porte du Baptistère. Chaque candidat doit modeler le même sujet, le Sacrifice d'Isaac, dans un panneau de bronze. Ghiberti, âgé d'environ vingt-trois ans, l'emporte — face notamment à Filippo Brunelleschi, qui deviendra plus tard l'architecte de la célèbre coupole. Les historiens font souvent de ce concours de 1401 la date symbolique où s'ouvre la Renaissance florentine. Remporter une telle épreuve si jeune, c'était se voir confier d'un coup la commande la plus prestigieuse de la cité.

Ce qui frappe ensuite, c'est la durée. Ghiberti ne réalise pas une porte, mais deux, et il y consacre près de cinquante ans de sa vie. La première, achevée dans les années 1420, raconte des scènes du Nouveau Testament dans des cadres en forme de losange, l'ancien format médiéval. La seconde, commencée ensuite, change tout : elle abandonne ces cadres pour dix grands panneaux carrés et dorés, où se déploient des épisodes de l'Ancien Testament. C'est là que Ghiberti invente quelque chose de neuf.

Dans ces panneaux, il fait entrer la profondeur. Les personnages du premier plan sont modelés presque en ronde-bosse, tandis que les architectures et les paysages du fond s'aplatissent progressivement, comme s'ils s'éloignaient réellement. On appelle parfois cela un relief « pictural » : Ghiberti peint avec le bronze, il traduit dans le métal la perspective que les peintres découvrent au même moment. Le résultat est un espace qui semble creusé dans une surface pourtant presque plate. Cette audace technique fait de lui l'un des grands passeurs entre le monde gothique et l'art nouveau qui s'invente à Florence.

Anecdote mémorable

Sur le tard, Ghiberti prend la plume et rédige les Commentarii, un ensemble de textes où il évoque l'art de son temps, les artistes qui l'ont précédé et son propre parcours. On y trouve l'une des premières autobiographies d'artiste de l'histoire occidentale : pour la première fois, un sculpteur raconte lui-même sa carrière, ses œuvres et ses idées. Le document est précieux — mais il faut le lire avec un sourire. Ghiberti s'y montre sous son meilleur jour, s'attribuant volontiers le premier rôle et minimisant ses rivaux. C'était déjà un homme qui savait raconter sa propre légende.

Influences reçues

Ghiberti se forme dans la tradition de l'orfèvrerie florentine, un métier de précision et de patience, et il hérite du raffinement du gothique tardif, encore très présent dans ses premières œuvres. Il regarde aussi, avec une curiosité neuve, les vestiges de l'Antiquité romaine, dont il collectionne et étudie les fragments. De cette double source — la finesse gothique et l'exemple antique — naît son style, à la fois élégant et de plus en plus tourné vers le naturel. @@AVERIFIER (détail de sa formation initiale)

Influences exercées

L'atelier de Ghiberti fut sans doute le plus important de Florence en son temps, un véritable foyer de la Renaissance. C'est là que se sont formés ou ont travaillé plusieurs des grands noms de la génération suivante — on cite notamment Donatello, Paolo Uccello et Michelozzo. @@AVERIFIER (liste exacte et durée des présences) Par cet atelier autant que par ses portes, Ghiberti a transmis un métier, un goût de la profondeur et une exigence de qualité qui ont marqué durablement la sculpture florentine.

Importance historique

Ghiberti occupe une place charnière dans l'histoire de l'art. Ses Portes du Paradis comptent parmi les œuvres fondatrices de la Renaissance florentine, et son concours victorieux de 1401 sert souvent de repère pour dater le début de cette période. Mais son importance tient aussi à ce qu'il fut, au-delà de l'artiste : un chef d'atelier avisé, un entrepreneur habile et intéressé, capable de gérer un immense chantier sur un demi-siècle, de négocier ses commandes et de soigner sa réputation. C'est cette double figure — le grand créateur et le maître qui savait se vendre — qui rend son parcours si vivant. Il rappelle que la Renaissance ne fut pas seulement une floraison de génies, mais aussi un monde d'ateliers, de contrats et d'ambitions bien menées.

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