✦ Illustre ✦
Andrea del Verrocchio
Sculpteur, peintre et orfèvre
Contributions & œuvres
Andrea del Verrocchio règne, dans la Florence des années 1470, sur le plus grand atelier de la ville. Orfèvre de formation, il devient sculpteur, peintre, fondeur de bronze, dessinateur : un touche-à-tout génial dont la boutique produit aussi bien des tombeaux que des statues, des retables que des pièces d'orfèvrerie. Les Médicis, maîtres officieux de la cité, en font leur artiste favori. C'est dire la confiance qu'inspire cet homme capable de tout entreprendre et de tout réussir.
Son audace éclate dans le bronze. Le David juvénile qu'il coule pour les Médicis, mince et souriant, affiche une élégance nerveuse qui tranche avec la gravité de ses aînés. Le Putto au dauphin, enfant potelé qui serre un poisson glissant en tournant sur lui-même, invente une figure qui se regarde de tous les côtés — une spirale de mouvement là où la tradition posait des statues de face. Verrocchio cherche la vie, la torsion, l'instant saisi.
Cette quête culmine à Venise avec le monument équestre de Bartolomeo Colleoni, commandé pour honorer un condottiere. Le cavalier de bronze se dresse sur ses étriers, le corps tendu, le visage dur, tandis que la monture avance d'un pas puissant. Rien de figé : une fougue, une tension, une présence guerrière que la sculpture équestre n'avait jamais atteinte. Verrocchio en modèle la maquette mais meurt avant la fonte @@AVERIFIER ; l'œuvre reste l'un des sommets absolus du bronze de la Renaissance.
Peintre aussi, il tient boutique ouverte où l'on apprend tous les métiers de l'image. Et c'est peut-être là, plus que dans le marbre ou le bronze, que se joue sa contribution la plus décisive : par cet atelier passeront quelques-uns des plus grands noms de leur génération.
Anecdote mémorable
Vasari raconte que Verrocchio, peignant un Baptême du Christ, confia à son jeune apprenti Léonard de Vinci le soin de peindre un ange dans un coin du tableau. L'ange de l'élève se révéla si supérieur à tout ce qu'avait fait le maître que Verrocchio, dit la tradition, en fut bouleversé et renonça pour toujours à la peinture. L'histoire est belle, sans doute embellie @@AVERIFIER, mais elle dit une vérité rare : un maître assez lucide pour reconnaître qu'un enfant l'avait dépassé, et assez humble pour s'incliner.
Influences reçues
Formé dans le sillage de Donatello, dont le David de bronze hante forcément le sien, Verrocchio hérite de la grande tradition florentine du bronze et du relief. L'orfèvrerie, son premier métier, lui laisse le goût du détail précis, de la ciselure, de la surface travaillée. @@AVERIFIER (identité de son maître d'orfèvrerie)
Influences exercées
Son atelier fut une pépinière. Léonard de Vinci y fit son apprentissage ; on y croise aussi le Pérugin, Domenico Ghirlandaio @@AVERIFIER et Lorenzo di Credi, son plus fidèle continuateur. Par ces élèves, la manière de Verrocchio — le goût du mouvement, la précision du dessin, la recherche de la vie — irrigue toute la génération suivante, jusqu'aux maîtres de la Haute Renaissance.
Importance historique
Verrocchio occupe une place singulière : immense artiste par lui-même, auteur du Colleoni et du David, il est aussi et surtout celui qui a formé Léonard. Son plus grand titre de gloire n'est pas une œuvre mais un homme. Cette double grandeur — créateur audacieux et maître effacé devant son élève — fait de lui l'une des figures les plus attachantes de la Renaissance florentine, le passeur par qui le génie s'est transmis.
