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Illustre

Donatello

Sculpteur

v.1386-1466·Sculpteur·Florence·sculpture

Contributions & œuvres

Donatello est le plus grand sculpteur du Quattrocento, celui qui a rouvert, à mains nues, la conversation avec l'Antiquité. Là où le Moyen Âge sculptait des figures pour orner l'architecture, lui rend au corps son poids, son souffle, sa présence. Ses prophètes du campanile de Florence ne posent pas : ils existent. Le plus célèbre, surnommé le « Zuccone » (la « grosse courge », pour son crâne chauve), fixe le vide avec une intensité si crue qu'on jurerait surprendre un homme réel saisi en pleine pensée.

Son coup d'éclat, c'est le David en bronze réalisé pour les Médicis : le premier nu masculin autonome — sculpté pour lui-même, debout, libre de tout mur — depuis l'Antiquité. Un adolescent nonchalant, coiffé d'un chapeau de berger, le pied posé sur la tête de Goliath, d'une sensualité troublante qui a fait couler beaucoup d'encre. Rien de tel n'avait osé le jour depuis mille ans. Donatello ne copie pas les Anciens : il retrouve leur liberté et la pousse ailleurs.

Il invente aussi une manière de sculpter le relief qu'on appelle le schiacciato, le relief « écrasé ». Sur une épaisseur de quelques millimètres à peine, il fait naître des perspectives, des lointains, des atmosphères — la profondeur devient affaire de lumière rasante autant que de matière. C'est un peintre qui travaillerait le marbre au ciseau, un ingénieur de l'illusion.

Puis vient Padoue, et le Gattamelata : la statue équestre en bronze du condottiere Erasmo da Narni, première grande statue équestre de la Renaissance, ressuscitant un genre resté l'apanage des empereurs romains. Un homme, un cheval, coulés dans le bronze à échelle héroïque, plantés sur une place — Donatello y affirme qu'un capitaine moderne peut prétendre à la gloire des Césars. L'audace n'est pas seulement technique : elle est dans l'idée même.

Anecdote mémorable

Cosme de Médicis, son protecteur, le connaissait entier et insouciant de l'argent. On raconte qu'inquiet de le voir aller vêtu comme un artisan, Cosme lui offrit un jour un manteau rouge et une cape de belle étoffe. Donatello les porta une fois ou deux, puis les mit de côté : il les trouvait trop précieux pour lui, gênants, pas à sa main. Il préférait sa besace d'atelier et son ciseau. La tradition ajoute que Cosme lui assura une petite rente pour le mettre à l'abri du besoin, tant l'homme, tout à son art, se souciait peu du lendemain. @@AVERIFIER détails précis de l'épisode du manteau et de la rente (sources vasariennes)

Influences reçues

L'Antiquité romaine d'abord, qu'il étudie sur le motif — on le dit parti à Rome avec Brunelleschi fouiller les ruines et mesurer les vestiges. L'amitié et la rivalité avec Brunelleschi, l'architecte de la coupole de Florence, comptent : deux tempéraments qui s'aiguisent l'un l'autre. Il se forme aussi dans le sillage de Lorenzo Ghiberti, dont il fut l'aide sur les portes du baptistère, avant de s'en éloigner par un naturalisme bien plus âpre. @@AVERIFIER historicité du voyage à Rome avec Brunelleschi

Influences exercées

Toute la sculpture italienne sort de lui. Son intensité et sa science du relief nourrissent des générations d'imagiers florentins. Et sa leçon déborde la sculpture : Michel-Ange, un siècle plus tard, hérite de cette manière de faire du corps humain le lieu de tout le drame — le David de marbre dialogue de loin avec celui de bronze. La statue équestre de Padoue ouvre la voie à toutes les grandes cavalcades de bronze de la Renaissance.

Importance historique

Si l'on devait nommer l'homme qui, le ciseau à la main, a fait basculer la sculpture du Moyen Âge à la Renaissance, ce serait lui. Donatello n'a pas seulement retrouvé l'Antique : il l'a dépassé par une vérité psychologique nouvelle, capable de la grâce du David comme de la brutalité d'une Marie-Madeleine sculptée en pénitente décharnée, ravagée, bouleversante — un réalisme si cru qu'il déroutait ses contemporains. Cette liberté-là, souveraine, indifférente au confort et aux honneurs, fait de lui l'un des vrais audacieux du siècle.

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