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Hugo de Groot

✦ Illustre ✦

Hugo Grotius

lettres / sciences (droit)

1583 (Delft) – 1645 (Rostock)·Delft·lettres · sciences (droit)

Contributions & œuvres

À onze ans, il entrait à l'université de Leyde ; à quinze, il éblouissait la cour du roi de France, qui l'appela « le miracle de la Hollande ». Hugo de Groot, dit Grotius, né à Delft en 1583, allait donner au monde une idée qui gouverne encore nos guerres et nos traités : qu'entre les nations, par-dessus les rois et les religions, règne un droit.

L'homme qui a mis une loi sur la guerre

Juriste, philosophe, philologue, poète, théologien — Grotius fut de ces esprits universels que la Renaissance produisit en petit nombre. Dès 1609, dans Mare Liberum(« La Liberté des mers »), il défend l'idée que la mer n'appartient à personne et que le commerce doit être libre — thèse taillée pour la jeune puissance maritime néerlandaise, et fondatrice du droit maritime. Mais son monument estDe Jure Belli ac Pacis (« Le Droit de la guerre et de la paix », Paris, 1625) : commencé en prison, il y fonde le droit des gens sur la raison et la loi naturelle, non plus sur la seule volonté des princes. Il y a des règles avant, pendant et après la guerre ; elles valent même entre ennemis, même entre croyants de confessions rivales. C'est l'acte de naissance du droit international moderne — la raison pour laquelle on l'appelle, quatre siècles plus tard, son père.

Loevestein et le coffre à livres

Sa vie bascula dans la grande querelle religieuse et politique de la République. Rangé du côté des remontrants et de Johan van Oldenbarnevelt contre le stadhouder Maurice de Nassau, Grotius fut arrêté lors du coup de force de 1618. Oldenbarnevelt fut décapité ; Grotius, condamné à la prison à vie, fut enfermé au château de Loevestein à partir de juin 1619. On l'y laissait étudier : ses livres arrivaient de Gorinchem dans un grand coffre, d'abord fouillé, puis négligé. Le 22 mars 1621, avec l'aide de son épouse Maria van Reigersberch et de sa servante Elsje van Houweningen, il se glissa dans le coffre à livres et sortit de la forteresse sous le nez des gardes. Il gagna Paris, où il publia son grand œuvre. Le coffre — ou du moins l'un de ceux qui s'en réclament — est aujourd'hui une relique nationale. Sur ses pas : Delft sa ville natale, Leyde son université, Loevestein sa prison.

La part d'ombre

Le génie tolérant fut aussi un homme de parti, pris dans une haine fratricide. Sa chute n'est pas seulement une injustice subie : il fut un acteur engagé de la crise remontrante qui faillit briser la jeune République, et son intransigeance intellectuelle y eut sa part. L'exil ne l'adoucit pas. Amer de n'être jamais rappelé ni réhabilité dans sa patrie, il finit par servir une puissance étrangère — la Suède, dont il fut l'ambassadeur à Paris — au service d'intérêts qui n'étaient plus ceux des Provinces-Unies. Il mourut en 1645 à Rostock, épuisé, après un naufrage, loin de la Hollande qui l'avait emprisonné et qu'il n'avait jamais cessé d'aimer sans pouvoir y revenir.

Anecdote mémorable

Le stratagème du coffre à livres est si célèbre aux Pays-Bas que plusieurs musées — Loevestein, le Rijksmuseum, le musée de Delft — exposent chacun « le » coffre de Grotius. Aucun n'est certain d'être l'authentique : la légende a fabriqué plus de reliques que l'histoire n'en a laissées.

Importance historique

À onze ans, il entrait à l'université de Leyde ; à quinze, il éblouissait la cour du roi de France, qui l'appela « le miracle de la Hollande ». Hugo de Groot, dit Grotius, né à Delft en 1583, allait donner au monde une idée qui gouverne encore nos guerres et nos traités : qu'entre les nations, par-dessus les rois et les religions, règne un droit.