Sur les pas de Hans Burgkmair l'Ancien — ses œuvres & ses lieux sur la carte →
« Il joua à Augsbourg le rôle que Dürer tint à Nuremberg : l'une des portes par où la Renaissance entra en Allemagne. »
Contributions & œuvres
Fils du peintre Thoman Burgkmair, Hans Burgkmair l'Ancien naît à Augsbourg en 1473. Il se forme sans doute en Alsace vers 1488-1489, probablement auprès de Martin Schongauer, avant de revenir dans sa ville natale, où il est reçu maître de la corporation des peintres en 1498. Augsbourg, grande place marchande ouverte sur l'Italie par les Fugger et les Welser, sera le théâtre de toute son ambition.
L'audace d'importer l'Italie
Dans cette cité tournée vers le Sud, Burgkmair ose ce que Dürer accomplit à Nuremberg : faire entrer la Renaissance italienne au nord des Alpes. Il assimile la couleur vénitienne, l'architecture à l'antique, les cadres de colonnes et de frontons, et les diffuse par la gravure sur bois, dont il devient l'un des plus grands praticiens de son temps. On lui attribue, avec l'imprimeur Jost de Negker, un rôle de pionnier dans la gravure sur bois en clair-obscur (camaïeu à plusieurs planches), technique neuve qui imite le dessin rehaussé et ouvre la voie à l'estampe en couleurs au nord des Alpes.
Son audace se mesure surtout au service de l'empereur Maximilien Iᵉʳ, qui fait de lui l'un de ses artistes favoris. Burgkmair conçoit des centaines de planches pour les grands projets de propagande impériale : le Theuerdank, le Weisskunig, et surtout le monumental Triomphe de Maximilien, cortège gravé de plus de cent trente planches où l'empereur se met en scène pour la postérité. C'est une entreprise d'images sans précédent, pensée pour fixer une gloire dynastique dans le papier plutôt que dans le marbre.
Sa curiosité le porte aussi vers l'ailleurs : il grave des peuples lointains — habitants d'Afrique et d'Inde rapportés par les voyages des marchands d'Augsbourg —, parmi les premières représentations européennes de ces populations.
La part d'ombre
Cette brillante carrière reste pourtant dans l'ombre de son contemporain. Burgkmair joua à Augsbourg le rôle que Dürer tint à Nuremberg, mais la postérité n'a retenu que le second ; le nom du premier s'est en partie effacé. Son art, si dépendant de la commande impériale, porte aussi la marque d'une époque : ces images de peuples exotiques, nourries de la curiosité des grands marchands, participent du regard que l'Europe conquérante commençait à poser sur le monde.
Burgkmair meurt à Augsbourg en 1531, ayant fait de sa ville, par le bois gravé, l'une des portes par où la Renaissance entra en Allemagne.
Anecdote mémorable
Pour le Triomphe de Maximilien, Burgkmair grava des figures de guerriers et de peuples venus d'Afrique et des Indes, d'après les récits et les objets que les marchands d'Augsbourg rapportaient de leurs comptoirs lointains — images comptées parmi les premières de ce genre dans l'art européen.
Influences reçues
Martin Schongauer, dont il fut sans doute l'élève ; la peinture vénitienne et l'architecture italienne ; son père Thoman Burgkmair.
Influences exercées
L'école d'Augsbourg ; le développement de la gravure sur bois en clair-obscur au nord des Alpes ; l'imagerie impériale de Maximilien Iᵉʳ.
Importance historique
Principal artiste de l'école d'Augsbourg, il introduisit la Renaissance italienne et le clair-obscur gravé en Allemagne, au service de la propagande de Maximilien Iᵉʳ.
