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✦ Illustre ✦

Hans Baldung Grien

Peintre et graveur

Schwäbisch Gmünd

Sur les pas de Hans Baldung Grien — ses œuvres & ses lieux sur la carte →

« « Grien », le surnom tiré du vert qu'il aimait, lui tint lieu de signature parmi les Hans de l'atelier de Dürer. »

Contributions & œuvres

Né vers 1484 à Schwäbisch Gmünd, dans une famille de médecins et de juristes — rareté pour un peintre de son temps —, Hans Baldung reçoit sa première formation à Strasbourg, puis entre vers 1503 dans l'atelier d'Albrecht Dürer à Nuremberg. Il en ressort le plus doué des élèves du maître, mais aussi le plus insoumis.

L'audace du corps et de l'interdit

Là où Dürer cherchait la mesure et la proportion, Baldung ose l'inquiétant. Il introduit dans l'art allemand des thèmes que nul n'avait traités de front : la sorcellerie, l'érotisme, la hantise de la mort. Ses Sabbats de sorcières (dès 1510) montrent des femmes nues, chevelures dressées, dans des fumées et des éclats de clair-obscur — sujets scandaleux qu'il choisit délibérément, au moment même où l'Europe s'enflamme autour de la chasse aux sorcières.

Son motif le plus obsédant est La Mort et la jeune fille, qu'il reprend plusieurs fois : un squelette décharné saisit un corps féminin éclatant de jeunesse. Baldung y conjugue sans détour le désir et la putréfaction, la beauté et sa fin. Cette franchise du corps, cette manière d'exposer la chair sans la sublimer, tranche radicalement avec l'idéalisation italienne. Le surnom « Grien » — du vert, sa couleur de prédilection — le distingue d'ailleurs des autres Hans de l'atelier de Dürer, et il en fait presque une signature chromatique.

Sa maîtrise technique reste souveraine. De 1512 à 1517, il réalise le grand retable du maître-autel de la cathédrale de Fribourg-en-Brisgau, toujours en place, dont le panneau central déploie un Couronnement de la Vierge rayonnant. La même main qui peint les sabbats sait donc composer une œuvre liturgique monumentale, lumineuse, parfaitement orthodoxe.

La part d'ombre

Mais cette audace a quelque chose d'ambigu. Le regard que Baldung porte sur les femmes — sorcières, allégories de la Vanité, jeunes filles livrées à la Mort — mêle fascination et misogynie de son époque ; il nourrit, autant qu'il illustre, l'imaginaire de la femme dangereuse. Installé à Strasbourg, où il meurt en 1545, il traverse la Réforme en conservant des commandes des deux bords, sans que l'on sache toujours démêler la conviction de l'opportunisme.

Baldung demeure l'artiste qui a fait entrer le surnaturel, le trouble et l'angoisse de la mort dans la peinture allemande, ouvrant un territoire que l'idéal de la Renaissance avait voulu tenir à distance.

Anecdote mémorable

Lorsque Dürer meurt en 1528, c'est à Baldung qu'échoit une mèche de ses cheveux, pieusement conservée — témoignage de l'attachement qui liait le maître à son ancien élève, par-delà les chemins très différents qu'avait pris sa peinture.

Influences reçues

Albrecht Dürer, dont il fut l'élève ; la gravure du Haut-Rhin et de Strasbourg ; les thèmes de la danse macabre médiévale.

Influences exercées

L'iconographie des sorcières dans l'art germanique ; le motif de la Mort et la jeune fille repris jusqu'au XIXᵉ siècle ; les peintres rhénans du XVIᵉ siècle.

Importance historique

Le plus original des élèves de Dürer, il a introduit la sorcellerie, l'érotisme et la hantise de la mort dans l'art allemand, tout en signant l'un de ses grands retables à Fribourg.

Peintures (7)

Œuvres (1)

Monuments associés (1)