Devant l'œuvre
Louis de Brézé est l'époux de Diane de Poitiers — celui qu'elle quitta (ou plutôt, dont elle devint veuve en 1531) pour devenir la maîtresse d'Henri II. Diane fit construire pour lui ce tombeau monumental dans la cathédrale de Rouen — geste de veuvage honorable ou de culpabilité ? Le tombeau est l'un des premiers monuments funéraires véritablement Renaissance de France. Jean Goujon y fit ses premières armes de sculpteur monumental, avant le Louvre et la Fontaine des Innocents. Les bas-reliefs de pleurants déposés au Louvre montrent déjà son drapé caractéristique.
Symbolisme & lecture iconographique
Brézé est représenté en armure, à cheval, sur son propre tombeau — une image guerrière de la mort-comme-passage plutôt que de la mort-comme-fin. Ce cavalier de la mort évoque les quatre cavaliers de l'Apocalypse autant que le portrait en majesté du chevalier vivant.
Analyse des émotions
Le tombeau de Brézé à Rouen (dont les pièces au Louvre sont des fragments) possède quelque chose d'unique : le gisant équestre du défunt — représenté à cheval sur la dalle funèbre, en chevalier de la mort. Cette image du mort encore monté est d'une intensité émotionnelle rare.
Secrets & mystères
Diane de Poitiers avait 31 ans quand son mari mourut et 32 quand elle devint la maîtresse d'Henri II (qui en avait 12 à l'époque de leurs premières rencontres). Elle commandita le tombeau de son mari avec une générosité spectaculaire — marbre blanc importé d'Italie, programme sculptural élaboré — tout en entamant sa liaison avec le fils du roi. La magnificence du tombeau était-elle sincère ou calculée pour entretenir une image de veuve éplorée ?
Le saviez-vous ?
Diane de Poitiers — veuve de Brézé, maîtresse d'Henri II — fut l'une des femmes les plus puissantes de la Renaissance française. Elle gérait les affaires diplomatiques, influençait les nominations, signait des lettres avec le monogramme HD (Henri-Diane). À sa mort, elle légua ses biens à ses petites-filles — et ses secrets à l'histoire de l'art.

