Devant l'œuvre
Ce manteau fut porté par Charles X lors de son sacre à Reims le 29 mai 1825 — le dernier sacre royal de France. Le velours violet brodé de fleurs de lys d'or sur fond d'hermine blanche est le costume royal par excellence depuis le Moyen Âge — les fleurs de lys sont l'emblème de la monarchie capétienne depuis le XIIe siècle, l'hermine dit le rang royal. Charles X voulut un sacre aussi pompeux que possible — il engagea les meilleurs brodeurs et orfèvres de Paris pour créer un ensemble de vêtements et d'insignes digne de la tradition monarchique millénaire qu'il voulait prolonger.
Symbolisme & lecture iconographique
La fleur de lys est l'emblème de la monarchie française depuis le XIIe siècle — elle est présentée tantôt comme une iris stylisée (fleur de l'Annonciation), tantôt comme un lis (fleur de la Vierge), tantôt comme la lance de Clovis. Quelle que soit son origine, elle dit la France royale chrétienne — le roi qui règne sous la protection de la Vierge et de Dieu.
Analyse des émotions
Ce manteau de velours violet et d'hermine dit le luxe absolu du rituel royal — et en même temps la fragilité de toute pompe humaine. Charles X qui portait ce manteau en 1825 était en exil cinq ans plus tard. L'hermine et les fleurs de lys ne protègent pas de la révolution.
Secrets & mystères
Charles X fut renversé par la Révolution de Juillet 1830 — cinq ans après son sacre. Ce manteau qui devait consacrer la restauration de la monarchie absolue porta finalement la dernière monarchie légitime de droit divin. Après Charles X, Louis-Philippe Ier (roi des Français, non de France) ne fut pas sacré à Reims — la coupure était consommée. Ces vêtements de 1825 sont donc les derniers d'une tradition millénaire — un terminus.
Le saviez-vous ?
Le sacre de Charles X en 1825 fut organisé avec un soin particulier pour les cérémonies et le costume. Le peintre David venait de mourir (1825) — c'est le peintre Gérard qui immortalisa la scène dans un grand tableau conservé à Versailles. Les gravures et lithographies de l'époque diffusèrent l'image du sacre dans toute la France — une campagne de communication royale dans un pays qui avait déjà guillotiné un roi et connu Napoléon.

