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Lit de Napoléon Ier (lors de son passage à Lyon en 1805)

Mobilier

Lit de Napoléon Ier (lors de son passage à Lyon en 1805)

Ébéniste parisien ou lyonnais anonyme (style Empire)

v. 1800–1810 (style Empire)·Bois doré et sculpté — tissu de soie lyonnaise·Musée Gadagne — Musées d'histoire de Lyon

Devant l'œuvre

Ce lit à baldaquin dans le style Empire fut utilisé par Napoléon lors de son séjour à Lyon en 1805 — juste avant la campagne d'Austerlitz. Lyon était une ville stratégique pour Napoléon — centre de la soierie française dont il soutenait activement le développement, et ville sur la route de l'Italie. Le style Empire de ce lit — bois doré, gloires napoléoniennes sculptées, tissu de soie lyonnaise — dit la pompe officielle du Premier Empire. Napoléon, réputé pour dormir peu (cinq à six heures par nuit, dit-on), dormit dans ce lit avant l'une de ses plus grandes victoires.

Symbolisme & lecture iconographique

Le lit impérial dit la majesté jusque dans le sommeil — même endormi, l'Empereur est dans un espace de grandeur. Le baldaquin, les dorures, les symboles impériaux sculptés dans le bois disent que la dignité impériale ne s'interrompt pas pendant la nuit.

Analyse des émotions

Ce lit de l'Empereur provoque une réflexion sur la fragilité du pouvoir — l'homme qui dormit dans ce lit en 1805, au sommet de sa puissance après Austerlitz, finit à Sainte-Hélène dix ans plus tard. Le lit reste, le pouvoir passe.

Secrets & mystères

Lyon entretint une relation particulière avec Napoléon — la ville rebelle de 1793 ('Ville-Affranchie') se rallia à l'Empire et bénéficia en retour de la protection impériale pour son industrie soyeuse. Napoléon commanda des soieries lyonnaises pour décorer les palais impériaux et offrit des contrats massifs à l'industrie soyeuse. Ce lit de soie lyonnaise dit cette alliance entre le pouvoir impérial et l'économie lyonnaise.

Le saviez-vous ?

Le passage de Napoléon à Lyon en 1805 précéda de peu la campagne d'Austerlitz (décembre 1805) — sa victoire la plus brillante. Il repassa à Lyon au retour, après Austerlitz, dans une atmosphère de triomphe. Puis en 1813–1814, il repassa encore à Lyon dans la retraite, les armées coalisées sur ses talons. Le même lit, trois passages, trois moments différents d'une vie.

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