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L'Ange au sourire (copie de la statue de la cathédrale)

Sculpture

L'Ange au sourire (copie de la statue de la cathédrale)

Atelier rémois anonyme — maître de l'ange souriant (XIIIe siècle)

v. 1255–1260 (original) — copie au musée·Calcaire sculpté (copie) — l'original est toujours sur la façade de la cathédrale·Musée du Palais du Tau

Devant l'œuvre

L'Ange au sourire est l'emblème de Reims — l'une des figures les plus célèbres de toute la sculpture gothique française. Cet ange de l'Annonciation (Gabriel annonçant à Marie qu'elle sera la mère du Christ), situé sur le portail gauche de la façade de la cathédrale, sourit d'un sourire légèrement moqueur et mystérieux qui a fasciné des générations de visiteurs. Ce sourire est une révolution dans la sculpture gothique : les figures de la sculpture romane ne sourient pas, les premiers personnages gothiques expriment la sérénité, mais cet ange sourit — avec une légèreté presque humaine. C'est un sourire qui dit la joie divine, la bonne nouvelle, la douceur de Dieu.

Symbolisme & lecture iconographique

L'ange de l'Annonciation sourit parce qu'il apporte la meilleure nouvelle de l'histoire humaine — la naissance du Christ. Ce sourire dit la joie divine face à l'Incarnation : Dieu est heureux de s'incarner dans l'humanité. C'est l'opposé d'un Dieu qui se sacrifice à contrecœur — c'est un Dieu qui choisit joyeusement l'humanité.

Analyse des émotions

Ce sourire de l'Ange de Reims a provoqué des milliers de commentaires depuis le XIIIe siècle. Ce n'est pas le sourire de la Joconde (énigmatique, ambigu), pas le sourire des Bouddhas (serein, intérieur) — c'est un sourire de messager joyeux, de quelqu'un qui apporte une bonne nouvelle et qui sait qu'elle va être bien reçue. C'est le sourire de la grâce.

Secrets & mystères

L'ange au sourire original fut endommagé lors de l'incendie de septembre 1914 — les flammes l'atteignirent et firent éclater sa tête. La tête fut retrouvée dans les décombres de la cathédrale, restaurée, et replacée sur le corps. L'ange souriant qui regarde les visiteurs depuis la façade de la cathédrale porte donc une tête qui a brûlé en 1914 et qui a été soignée. Ce détail dit quelque chose sur la résistance des œuvres d'art face à la destruction.

Le saviez-vous ?

La ville de Reims organisa après 1918 une collecte internationale pour financer la restauration de la cathédrale. John D. Rockefeller Jr. offrit 2 500 000 dollars (une somme immense à l'époque) — et cet acte de générosité américaine dit quelque chose sur la symbolique universelle de la cathédrale de Reims. La reconstruction de l'ange au sourire fut financée en partie par ces fonds américains.

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