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✦ Peinture ✦

La Sainte Famille avec deux anges et un vieil homme @AVERIFIER (attribution/autographie)

Parmigianino, dit Le Parmesan

v. 1524-1527

Le peintre

Parmigianino, dit Le Parmesan

Parmigianino, dit Le Parmesan

1503-1540

Peintre

Rôle : Le Parmesan, prince de la grâce maniériste

Francesco Mazzola, que toute l'Italie surnomma « il Parmigianino » — le petit Parmesan, en hommage à sa ville natale — imposa une manière neuve de peindre le corps humain. Là où la Renaissance classique cherchait la juste proportion, lui allonge, étire, affine : cous démesurés, doigts fuselés, silhouettes serpentines. Cette élégance délibérément anti-naturelle, ce raffinement porté jusqu'à l'étrangeté, fait de lui l'un des inventeurs du maniérisme et l'un de ses représentants les plus purs.

Son chef-d'œuvre, la « Madone au long cou » (vers 1534-1540, aujourd'hui aux Offices de Florence), condense tout son art : une Vierge au cou de cygne, un Enfant étrangement alangui, une colonne solitaire qui ne soutient rien, une composition irréelle et suspendue. Le tableau, resté inachevé à sa mort, est devenu l'emblème absolu de la beauté maniériste. Dans un registre plus intime, la « Schiava turca » (l'« Esclave turque », vers 1533, Parme) offre l'un des portraits féminins les plus séduisants du siècle : un regard oblique, un sourire retenu, une distinction souveraine.

Le Parmesan fut aussi un audacieux dès sa jeunesse. Vers vingt ans, il peint son « Autoportrait dans un miroir convexe » (vers 1524, Vienne) : une prouesse de virtuosité où il reproduit fidèlement la déformation optique d'un miroir bombé, sa main au premier plan devenant énorme, le décor se courbant tout autour. Lorsqu'il arrive à Rome muni de cette toile, elle stupéfie la cour pontificale et, selon Vasari, bluffe le pape Clément VII lui-même. C'est la carte de visite d'un prodige qui ose jouer avec la perception.

Enfin, il compte parmi les grands pionniers de la gravure en Italie. Il s'intéressa de près à l'eau-forte et à la technique du clair-obscur sur bois, portant dans l'estampe la même distinction linéaire, la même grâce nerveuse que dans ses peintures, et contribuant à faire de la gravure un art d'expression autonome.

Origine : Parme

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