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La Toilette

Peinture

La Toilette

Frédéric Bazille (Montpellier, 1841–Beaune-la-Rolande, 1870)

1869–1870·Musée Fabre
Faire le puzzle de l'œuvre

Devant l'œuvre

Ce grand tableau est l'une des dernières œuvres de Bazille avant sa mort en 1870 — il avait commencé à le peindre en décembre 1869 pour le Salon de 1870. Il représente une scène de toilette féminine — une femme debout, aidée par une servante, dans une chambre ou un intérieur. La composition est d'une audace moderne : le personnage central est vu de dos, dans une posture qui révèle un nu partiel sans le montrer frontalement. La lumière vive du Midi éclaire les vêtements et les chairs. C'est Bazille le plus proche de Manet — et le plus proche de la peinture du XXe siècle.

Symbolisme & lecture iconographique

La femme de dos dans la toilette est une image de la vie privée rendue publique par l'art — la chambre intime comme sujet pictural légitime. Cette légitimation du quotidien féminin comme sujet de grand tableau (et non de peinture de genre mineure) est l'un des combats des impressionnistes contre l'académisme.

Analyse des émotions

La Toilette de Bazille crée une impression de surprise agréable — ce dos de femme dans la lumière, cette scène d'intimité banale représentée avec une fraîcheur qui dit le plaisir de peindre. Bazille ne pose pas de question morale sur le nu féminin — il peint la beauté comme réalité simple.

Secrets & mystères

Bazille fut tué dans les combats de Beaune-la-Rolande le 28 novembre 1870 — moins de deux mois après l'ouverture des hostilités franco-prussiennes. Il avait 29 ans. Sa mort prématurée est l'une des grandes pertes de l'impressionnisme — on ne peut qu'imaginer ce qu'il aurait produit avec la technique et l'audace qu'il montrait déjà. Renoir, Monet et Sisley lui survécurent de décennies — mais aucun d'eux ne partageait exactement la même vision du corps féminin dans la lumière méditerranéenne que Bazille exprimait dans ses dernières œuvres.

Le saviez-vous ?

Bazille grandit à Montpellier dans une famille protestante bourgeoise — et c'est chez Bruyas, le voisin collectionneur, qu'il forma son goût pour la peinture moderne avant même d'aller à Paris. Cette éducation montpelliérains (Fabre, Bruyas, la lumière du Midi) est au cœur de sa sensibilité particulière à la couleur et à la lumière. Bazille est le peintre impressionniste le plus méditerranéen — et c'est peut-être pour ça qu'il peint la lumière différemment de ses amis parisiens.

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