Devant l'œuvre
Tiepolo est le plus grand décorateur de plafonds du XVIIIe siècle européen — ses fresques de la Résidence de Wurtzbourg (Allemagne), de la Villa Valmarana (Vicence) et du Palais Royal de Madrid sont les chef-d'œuvres du baroque tardif. Ses esquisses et tableaux de chevalet conservent la même légèreté et la même maîtrise lumineuse que ses grands plafonds — mais à une échelle intime. La présence d'un Tiepolo à Angers confirme la richesse italienne XVIIIe du musée.
Symbolisme & lecture iconographique
Le plafond peint par Tiepolo dit quelque chose sur la conception baroque de l'espace — le ciel s'ouvre au-dessus du spectateur, les dieux et les allégories descendent dans l'espace humain. Cette fusion de l'ici-bas et de l'au-delà est la grande ambition du décor baroque.
Analyse des émotions
Les esquisses de Tiepolo ont une énergie et une liberté qui manquent parfois aux œuvres finies — on voit la pensée du peintre se déployer, la composition se trouver, la couleur se poser rapidement. C'est le plaisir de la création visible dans la touche.
Secrets & mystères
Tiepolo mourut à Madrid en 1770 — convoqué à la cour d'Espagne par Charles III qui voulait décorer l'Escalier du palais royal et plusieurs chapelles. Mais les progrès du néo-classicisme (ses contemporains Mengs et Giaquinto travaillaient dans ce style) et l'hostilité des jésuites (qui demandèrent au roi de remplacer ses peintures par des œuvres de Mengs) assombrirent ses dernières années. Il mourut à 74 ans, ses grands plafonds madrilènes en partie remplacés.
Le saviez-vous ?
Le fils de Tiepolo, Giovanni Domenico (1727–1804), travailla toujours avec son père et lui succéda. Leurs styles sont parfois proches au point de confondre les attributions — et là encore, comme pour les Brueghel ou les Guardi, la question de la main du père ou du fils est un enjeu récurrent dans l'histoire de l'art vénitien.
