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De stervende Cleopatra (toegeschreven aan Jan van Scorel)

✦ Peinture ✦

La Mort de Cléopâtre (attribuée à Jan van Scorel)

Jan van Scorel

Faire le puzzle de l'œuvre

Histoire de l'art — Contexte & Singularité

Ce petit panneau intense montre les derniers instants de la dernière reine d'Égypte, vaincue par Rome en 30 av. J.-C. Attribué à Jan van Scorel au retour de son voyage italien, il compte parmi les premiers nus féminins peints dans les Pays-Bas du Nord.

Guide du regard : mourir en beauté

Cléopâtre, à demi allongée sur des coussins parmi les rochers, se donne la mort : un aspic enroulé autour de sa main droite la mord au sein. Le serpent est le signe qui l'identifie — c'est ainsi qu'elle choisit de mourir plutôt que d'orner le triomphe de Rome. Le corps musclé, sculptural, fait de cette mort une méditation sur la beauté et le destin : la reine ne s'effondre pas, elle se compose.

Guide du regard : comment regarder

Regarde la pose : elle vient tout droit d'une célèbre statue antique du Belvédère du Vatican, l'Ariane endormie, que l'on prenait alors pour une Cléopâtre. Scorel a vu cette statue à Rome et la transpose, mais l'installe dans un paysage de rochers et de troncs d'arbres, comme une nymphe de fontaine — loin de la tradition qui plaçait la mort de la reine dans un palais. C'est l'Italie assimilée puis relue avec un œil du Nord.

Le saviez-vous ?

Pendant des siècles, l'Ariane du Vatican a été baptisée « Cléopâtre » à cause du bracelet en forme de serpent qu'elle porte au bras. L'erreur d'identification d'une statue a ainsi engendré tout un type de tableaux — dont celui-ci.

Sources

  1. 1.Rijksmuseum, Amsterdam, inv. SK-A-2843

Le peintre

👤

Jan van Scorel

1495-1562

Rôle : peintre

Peintre, chanoine, ingénieur et voyageur, Jan van Scorel fut le grand passeur : celui qui, ayant vu Rome et servi un pape, rapporta aux Pays-Bas septentrionaux la manière italienne — le corps antique, la perspective, la lumière du Sud. Sans lui, la génération de Heemskerck n'aurait pas eu de maître.

Le voyage romain

Né en 1495 dans le village de Schoorl, près d'Alkmaar, Scorel se forma à Amsterdam puis à Utrecht auprès de Jan Gossaert, qui l'encouragea à partir. Vers 1518, il prit la route : Nuremberg (où il approcha peut-être Dürer), Venise, puis un pèlerinage jusqu'à Jérusalem, avant de gagner Rome. Là, la chance lui sourit : le nouveau pape était Adrien VI, un Utrechtois — le seul pape néerlandais de l'histoire. Il fit de Scorel son peintre et le nomma conservateur des antiques du Belvédère, la charge qu'avait tenue Raphaël, mort peu avant. Pendant deux ans, Scorel étudia Michel-Ange, Raphaël et les marbres antiques. À la mort du pape en 1523, il rentra au pays, la tête pleine d'Italie.

Le maître d'Utrecht et sa part d'ombre

De retour en 1524, Scorel devint chanoine d'Utrecht — une charge qui lui garantissait un revenu à vie et une aisance rare pour un peintre. Il ouvrit un atelier florissant, forma Maarten van Heemskerck, et fixa un nouveau canon : figures monumentales à l'italienne, paysages baignés de lumière, portraits collectifs des confréries de pèlerins de Jérusalem — un genre qu'il inventa. Mais sa réussite eut son revers. Chanoine, il vivait avec une compagne et eut plusieurs enfants, entorse assumée au célibat ecclésiastique ; et son œuvre religieux paya cher les troubles du siècle : lors des vagues iconoclastes, nombre de ses retables furent détruits. Il nous reste assez, pourtant, pour mesurer la révolution : avant Scorel, la peinture du Nord était encore gothique ; après lui, elle avait vu l'Antiquité.

Infos / repères

Jan van Scorel naquit à Schoorl en 1495 et mourut à Utrecht en 1562. Premier grand « romaniste » des Pays-Bas du Nord, il introduisit la Renaissance italienne dans la peinture néerlandaise et forma Maarten van Heemskerck. Il est enterré dans la Buurkerk d'Utrecht.

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