Histoire de l'art — Contexte & Singularité
Jan van Scorel (1495-1562) fut le premier Néerlandais à rapporter l'Italie chez lui. Chanoine devenu peintre, il séjourna à Rome sous le pape Adrien VI (le seul pape néerlandais), qui le nomma conservateur des collections du Vatican. Rentré au Nord, il peignit cette Marie-Madeleine qui est comme un pont : la grâce de Raphaël sous un ciel de Hollande.
Guide du regard : une sainte de cour
Rien d'une pécheresse repentie : Madeleine est assise en grande dame, robe de soie brodée, coiffure sophistiquée, tenant le pot d'onguent qui l'identifie. Regarde le paysage derrière elle — rochers bleutés, lumière dorée, arbres fins : c'est l'Italie rêvée d'un homme du Nord, fondue dans une précision toute flamande du détail. La sainteté se dit ici par l'élégance, non par la douleur.
Guide du regard : le premier « romaniste »
Scorel ouvrit une école : on appela « romanistes » ces peintres du Nord qui, après lui, firent le voyage de Rome pour apprendre l'antique et le nouveau. Sa Madeleine est un manifeste discret : la beauté italienne peut se parler en néerlandais. Sans lui, ni Heemskerck ni le maniérisme de Haarlem n'auraient existé.
Le saviez-vous ?
Adrien VI, qui fit de Scorel son peintre à Rome, était né à Utrecht : le seul pape néerlandais de l'histoire et le dernier pape non-italien avant Jean-Paul II, quatre siècles et demi plus tard.
Sources
- 1.Rijksmuseum, Amsterdam






