Histoire de l'art — Contexte & Singularité
En 1524, Oostsanen peint l'un des sujets les plus troublants de l'art : Salomé, la jeune princesse qui obtint par sa danse la tête de Jean-Baptiste. Le panneau, aujourd'hui au Rijksmuseum, montre un maître au sommet de son art de portraitiste.
Guide du regard : la douceur et l'horreur
Salomé se tient de face, à mi-corps, sous une arche de pierre à l'antique. Elle est belle, richement parée, le visage impassible — et sur un plat, elle porte la tête tranchée du prophète. Tout le tableau joue sur ce contraste : l'élégance de la cour et la cruauté du geste, la fraîcheur du teint et la pâleur du mort. Le crâne à ses côtés, s'il est visible, redouble l'avertissement : la beauté et le désir mènent au péché et à la mort. C'est une vanité déguisée en portrait de dame.
Guide du regard : comment regarder
Observe d'abord la richesse des étoffes et des bijoux — Oostsanen était aussi un immense dessinateur d'ornements. Puis remonte à l'arrière-plan : par-delà l'arche, un paysage paisible s'ouvre, avec des fermes et une rivière, indifférent au drame du premier plan. Ce décalage entre le calme du monde et l'atrocité du sujet est très néerlandais. Cherche enfin la banderole dans le ciel : elle porte la date et le monogramme du peintre.
Le saviez-vous ?
Oostsanen fut aussi l'un des premiers graveurs sur bois des Pays-Bas du Nord : il diffusait ses inventions par l'estampe, ce qui fit de son atelier amstellodamois un foyer d'images pour toute la Hollande.
Sources
- 1.Rijksmuseum, Amsterdam, inv. SK-C-1349



