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Salome met het hoofd van Johannes de Doper van Jacob Cornelisz. van Oostsanen

✦ Peinture ✦

Salomé avec la tête de saint Jean-Baptiste de Jacob Cornelisz. van Oostsanen

Jacob Cornelisz. van Oostsanen

1524 (daté sur une banderole)·Rijksmuseum, Amsterdam · Amsterdam, Pays-Bas
Faire le puzzle de l'œuvre

Histoire de l'art — Contexte & Singularité

En 1524, Oostsanen peint l'un des sujets les plus troublants de l'art : Salomé, la jeune princesse qui obtint par sa danse la tête de Jean-Baptiste. Le panneau, aujourd'hui au Rijksmuseum, montre un maître au sommet de son art de portraitiste.

Guide du regard : la douceur et l'horreur

Salomé se tient de face, à mi-corps, sous une arche de pierre à l'antique. Elle est belle, richement parée, le visage impassible — et sur un plat, elle porte la tête tranchée du prophète. Tout le tableau joue sur ce contraste : l'élégance de la cour et la cruauté du geste, la fraîcheur du teint et la pâleur du mort. Le crâne à ses côtés, s'il est visible, redouble l'avertissement : la beauté et le désir mènent au péché et à la mort. C'est une vanité déguisée en portrait de dame.

Guide du regard : comment regarder

Observe d'abord la richesse des étoffes et des bijoux — Oostsanen était aussi un immense dessinateur d'ornements. Puis remonte à l'arrière-plan : par-delà l'arche, un paysage paisible s'ouvre, avec des fermes et une rivière, indifférent au drame du premier plan. Ce décalage entre le calme du monde et l'atrocité du sujet est très néerlandais. Cherche enfin la banderole dans le ciel : elle porte la date et le monogramme du peintre.

Le saviez-vous ?

Oostsanen fut aussi l'un des premiers graveurs sur bois des Pays-Bas du Nord : il diffusait ses inventions par l'estampe, ce qui fit de son atelier amstellodamois un foyer d'images pour toute la Hollande.

Sources

  1. 1.Rijksmuseum, Amsterdam, inv. SK-C-1349

Le peintre

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Jacob Cornelisz. van Oostsanen

v.1470 (Oostzaan, Hollande-Septentrionale) – 1533 (Amsterdam)

Rôle : peintre / graveur sur bois

Avant lui, Amsterdam n'était qu'un gros bourg de pêcheurs sans école de peinture ; après lui, elle en avait une. Né vers 1470 dans le village d'Oostzaan, Jacob Cornelisz. van Oostsanen fut le premier artiste d'envergure à faire carrière dans la future capitale — le maître fondateur dont descendent, au sens propre comme au figuré, tous les peintres amstellodamois du XVIᵉ siècle.

L'atelier qui a lancé une ville

Peintre et surtout dessinateur de gravures sur bois, Oostsanen fit tourner un atelier prospère : on lui attribue quelque 200 estampes et une trentaine de tableaux. Formé dans l'héritage de Geertgen tot Sint Jans, il sut ensuite regarder vers l'Allemagne — les bois de Dürer le marquèrent durablement — et fondre le gothique tardif du Nord avec le modelé et l'invention de la Renaissance. Ses grandes compositions religieuses, L'Adoration des mages(1517), laCrucifixion, Salomé — aujourd'hui au Rijksmuseum — montrent des figures aux proportions allongées, un goût du détail précieux et une palette éclatante. Son Saül et la sorcière d'Endor (1526, Rijksmuseum) est un morceau de bravoure : une scène nocturne de sorcellerie, l'une des premières peintures profanes datées des Pays-Bas à traiter un tel sujet. Cet atelier fut aussi une école : le jeune Jan van Scorel, futur passeur de l'italianisme, s'y forma.

Une dynastie de pinceaux

Oostsanen ne fonda pas seulement un style, mais une lignée. Son fils Dirck Jacobsz. devint le grand portraitiste de la bourgeoisie d'Amsterdam ; son petit-fils Cornelis Anthonisz. en peignit la première image d'ensemble et en dressa les cartes ; frères, neveux et arrière-petits-fils tinrent le pinceau sur trois générations. À travers eux, la manière d'Amsterdam se transmit jusqu'à Pieter Aertsen, qui en sortit l'invention de la scène de marché. En 1533, l'année de sa mort, Oostsanen se peignit lui-même en train de portraiturer sa femme Anna : un autoportrait qui compte parmi les tout premiers des Pays-Bas — le geste d'un artisan qui se sait devenu un maître.

La part d'ombre

Sa gloire fut d'abord celle d'un chef d'atelier plus que d'un pur créateur. Une part de sa production sortit de mains d'assistants, et l'on discute encore du partage entre le maître et sa boutique — dessins pour vitraux, illustrations de livres, estampes de série tirées en nombre pour un marché naissant. Homme d'un art encore médiéval par ses sujets et sa dévotion, conservateur dans une symbolique catholique que la Réforme allait bientôt balayer, il resta un provincial : jamais il ne connut le rayonnement européen d'un Lucas de Leyde ou d'un Scorel. Son mérite n'est pas d'avoir été le plus grand, mais d'avoir été le premier — et d'avoir ouvert la porte à ceux qui le dépasseraient.

Origine : Oostzaan, Hollande-Septentrionale

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