Quand la soie devient pouvoir
La Renaissance est aussi une révolution du vêtement. Et à Lyon, cette révolution passe par les tissus.
Velours, brocarts, soieries, fils d'or : le musée révèle à quel point le textile devient un instrument politique et social majeur au XVIe siècle.
Les cours européennes se mettent en scène à travers les étoffes.
Chaque costume raconte : - un rang, - une fortune, - une alliance, - une ambition.
Observer ces tissus, c'est soudain comprendre les portraits de Clouet ou d'Holbein autrement : derrière chaque manche brodée se cache tout un monde économique et diplomatique.
Le musée rappelle aussi le rôle fondamental de Lyon comme capitale commerciale de la Renaissance française.
Spécialité Renaissance
Soieries et tissus de luxe Renaissance, broderies flamandes, textiles italiens XVIe s., 2,5 millions de pièces
À voir
Quand la soie devient pouvoir
La Renaissance est aussi une révolution du vêtement — et à Lyon, cette révolution passe par les tissus. Velours, brocarts, soieries, fils d'or : le musée révèle à quel point l'étoffe devint, au XVIe siècle, un instrument politique et social. Les cours d'Europe se mettaient en scène par le costume ; chaque tissu racontait un rang, une fortune, une alliance.
Lyon, capitale de la soie
Au XVIe siècle, Lyon devint la capitale française de la soie, rivale des cités italiennes. Le musée conserve un fonds inégalé de soieries et de velours de la Renaissance, italiens et lyonnais, ainsi que des broderies flamandes et des tissus liturgiques — témoins d'un luxe qui circulait par les foires de la ville.
Un patrimoine immense
Avec des millions de pièces couvrant deux mille ans et tous les continents, le musée est l'un des plus grands conservatoires textiles du monde. La Renaissance y occupe une place de choix : c'est le moment où le textile européen atteint une somptuosité inédite.
Pourquoi le visiter
Parce qu'il éclaire une dimension trop souvent oubliée de la Renaissance : le vêtement et l'étoffe, matières du pouvoir et du paraître, aussi révélatrices d'un siècle que ses tableaux et ses palais.
Histoire
Lyon dut sa fortune Renaissance à ses foires et à la soie : au début du XVIe siècle, les rois de France favorisèrent l'installation d'une industrie soyère pour cesser d'importer les étoffes d'Italie ; François Ier accorda à la ville d'importants privilèges qui firent d'elle la capitale française du textile de luxe. Le musée des Tissus, fondé au XIXe siècle par la Chambre de commerce pour servir de modèle aux fabricants lyonnais, rassembla peu à peu un ensemble unique au monde. Installé dans de beaux hôtels particuliers, il conserve, parmi ses collections, un fonds Renaissance d'une richesse exceptionnelle.
Contes, légendes & anecdotes
En favorisant la soie lyonnaise, les rois de France livrèrent une véritable guerre économique à l'Italie : il s'agissait de cesser de payer des fortunes pour les velours de Gênes, de Venise ou de Florence, en les fabriquant chez soi. Le pari fut gagné : Lyon devint, pour des siècles, la capitale mondiale de la soie. Le musée des Tissus garde la mémoire de cette bataille des étoffes — où l'on comprend qu'à la Renaissance, un mètre de velours d'or pouvait valoir une charge, et qu'habiller les rois était une affaire d'État.







