À voir
L'ancienne collégiale de Bad Gandersheim
À Bad Gandersheim, l'antique collégiale romane des chanoinesses garde des retables sculptés des environs de 1480-1521, au passage du gothique à la Renaissance. Dans ce sanctuaire dirigé par des femmes de haute naissance, l'art de la fin du Moyen Âge donne ses derniers chefs-d'œuvre avant le temps nouveau. On y mesure la longue durée d'une communauté qui remonte aux origines de l'Empire.
Ce qu'il faut regarder
La collégiale est une grande église romane, dont le Westwerk à deux tours domine le quartier abbatial. Mais ce qu'il faut y regarder, pour notre propos, ce sont ses retables sculptés, concentrés au tournant de 1500. Le plus récent, le Marienaltar de 1521, dans la chapelle Saint-Antoine, montre la Vierge entourée de quatre saints, avec les douze apôtres sur les volets : c'est la pièce maîtresse de notre période. À ses côtés, le Bartholomäusaltar (vers 1520, chêne et tilleul), qui présente saint Barthélemy et quatre saintes, est revenu dans l'église depuis le musée de Brunshausen en 2025.
Un peu plus ancien, le Dreikönigsaltar (vers 1480-1490) déroule dans sa caisse l'Adoration des Mages et, sur les volets, des figures d'apôtres : il se tient au seuil de notre période. Ces trois retables, échelonnés de 1480 à 1521, forment un ensemble rare de sculpture religieuse de la fin du gothique et du début de la Renaissance, conservé in situ. On y verra aussi, pour la longue mémoire du lieu, un lustre de bronze médiéval (vers 1430) orné de figures de saints, dont Anastase et Innocent, patrons de l'église.
Histoire
Gandersheim est l'une des grandes abbayes impériales de femmes de la Saxe médiévale, fondée au IXe siècle, dont les chanoinesses furent longtemps des princesses d'Empire. Sa gloire intellectuelle, la poétesse Hrotsvita (Xe siècle), appartient à un passé bien antérieur à notre période, mais fonde le prestige du lieu. La collégiale romane, maintes fois remaniée, reçoit à l'aube du XVIe siècle ses grands retables sculptés : le Dreikönigsaltar (v. 1480-1490), le Bartholomäusaltar (v. 1520), le Marienaltar (1521).
Ces retables sont posés à la veille de la Réforme : ils sont les derniers grands témoins de la dévotion catholique du Stift avant le bouleversement du XVIe siècle. L'abbaye traverse la Réforme en conservant une partie de ses chanoinesses et de ses usages, ce qui a sans doute favorisé la survie de son décor ancien. Aujourd'hui, l'ancienne collégiale demeure au cœur du Stiftsbezirk de Bad Gandersheim, et ses retables, dont le Bartholomäusaltar revenu en 2025, en font un conservatoire de la sculpture religieuse du début du XVIe siècle.
Symboles et secrets
La collégiale de Gandersheim dit le dernier moment d'un grand art religieux avant la Réforme. Ses retables, sculptés entre 1480 et 1521, appartiennent à la génération qui, dans tout l'Empire, couvrit les églises de caisses dorées peuplées de saints — juste avant que le siècle ne change de cap. Le secret du lieu est dans cette survie : parce que l'abbaye garda une partie de ses usages à travers la Réforme, ses retables n'ont pas été dispersés ni détruits comme ailleurs. Le Marienaltar de 1521, en particulier, est un témoin de la piété mariale à la veille même de sa remise en cause par les réformateurs.
Pourquoi ça compte
Parce que l'ancienne collégiale de Bad Gandersheim conserve, in situ, un ensemble de retables du tout début du XVIe siècle — de 1480 à 1521 — rare dans une région largement passée à la Réforme. Elle complète l'aire par le visage d'une grande abbaye impériale de femmes, et par un art, celui du retable sculpté, que la Réforme allait ailleurs faire disparaître. Entre le gothique finissant et la Renaissance commençante, Gandersheim offre le témoignage de ce que fut la dévotion catholique dans ses toutes dernières années d'épanouissement, avant le grand tournant du siècle.
Histoire
Gandersheim est l'une des grandes abbayes impériales de femmes de la Saxe médiévale, fondée au IXe siècle, dont les chanoinesses furent longtemps des princesses d'Empire. Sa gloire intellectuelle, la poétesse Hrotsvita (Xe siècle), appartient à un passé bien antérieur à notre période, mais fonde le prestige du lieu. La collégiale romane, maintes fois remaniée, reçoit à l'aube du XVIe siècle ses grands retables sculptés : le Dreikönigsaltar (v. 1480-1490), le Bartholomäusaltar (v. 1520), le Marienaltar (1521).
Ces retables sont posés à la veille de la Réforme : ils sont les derniers grands témoins de la dévotion catholique du Stift avant le bouleversement du XVIe siècle. L'abbaye traverse la Réforme en conservant une partie de ses chanoinesses et de ses usages, ce qui a sans doute favorisé la survie de son décor ancien. Aujourd'hui, l'ancienne collégiale demeure au cœur du Stiftsbezirk de Bad Gandersheim, et ses retables, dont le Bartholomäusaltar revenu en 2025, en font un conservatoire de la sculpture religieuse du début du XVIe siècle.
Sources
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Fiche mise à jour le 7 novembre 2026
