À voir
La Residenz de Munich et son Antiquarium
Au cœur de Munich, la Residenz fut pendant des siècles le palais des ducs, électeurs puis rois de Bavière. Son joyau Renaissance est l'Antiquarium : une salle voûtée de près de 69 mètres, bâtie de 1568 à 1571 par Albert V de Bavière pour abriter l'une des premières grandes collections d'antiques au nord des Alpes. C'est la plus vaste salle Renaissance de l'espace germanique.
Ce qu'il faut regarder
On descend dans un vaisseau long et bas, à la voûte en berceau entièrement peinte, scandée des lunettes de dix-sept paires de fenêtres. Le long des murs, des niches accueillent les bustes et statues antiques rassemblés par le duc — empereurs romains, divinités, portraits. La voûte et les lunettes, décorées après 1580 sous Guillaume V par Friedrich Sustris et son équipe — Peter Candid, Hans Donauer l'Ancien, Alessandro Scalzi, Antonio Maria Viviani —, déploient un foisonnement de grotesques, d'allégories et de 102 vues de villes et bourgs de la vieille Bavière peintes au-dessus des fenêtres et achevées vers 1600 : un portrait du territoire autant qu'un décor. La salle, dont la voûte pesante imposait des murs épais et un sol enfoncé, formait à l'origine le rez-de-chaussée d'un corps de bibliothèque : le savoir des livres au-dessus, celui des marbres en dessous. Les antiques y étaient disposés par centaines, serrés comme dans un inventaire du monde ancien.
La lumière, rasante, vient des deux côtés ; l'espace, d'abord conçu comme bibliothèque et musée, fut adapté en salle de festins vers 1600, son sol abaissé pour en gagner la hauteur. L'Antiquarium est aujourd'hui la plus ancienne pièce conservée de la Residenz. Autour se déploie le reste du palais, né de la Neuveste médiévale et agrandi pendant quatre siècles : la cour aux grottes (Grottenhof) et sa fontaine de Persée par Hubert Gerhard, la chapelle, les cours successives. Mais l'Antiquarium en demeure le cœur Renaissance.
Histoire
Albert V (1528-1579) est un prince collectionneur, dévoreur d'art et de livres, au point d'endetter son duché ; on lui doit la bibliothèque de cour (ancêtre de l'actuelle Bibliothèque d'État de Bavière) et une fameuse chambre des merveilles. Pour loger ses marbres antiques, acquis en partie par l'entremise de son agent, il commande à l'érudit mantouan Jacopo Strada le concept d'une salle à l'italienne, pensée comme un studiolo géant ; l'architecte ducal Wilhelm Egkl en dirige la construction, tandis que Simon Zwitzel fournit dès 1570 les plans et l'expertise de la voûte. Son petit-fils Guillaume V puis Maximilien Iᵉʳ transforment et décorent l'ensemble. Bombardée en 1944, la Residenz a été restaurée sur des décennies — l'Antiquarium sous la direction d'Otto Meitinger — ; relativement épargné puis restitué, il se visite aujourd'hui au sein du musée de la Residenz. Jacopo Strada n'était pas un conseiller ordinaire : antiquaire et agent des Habsbourg, familier des cours de Vienne et de Prague, il incarnait ce réseau d'érudits qui, d'une capitale à l'autre, fixaient le goût des princes pour l'Antiquité. En l'appelant à Munich, Albert V plaçait d'emblée sa collection au niveau des plus grandes d'Europe.
Symboles et secrets
Rassembler les antiques, pour Albert V, n'était pas qu'un goût : c'était revendiquer, pour la Bavière, une filiation avec Rome et une place dans la culture savante de l'Europe. Les 102 vues de villes, elles, affirment l'étendue d'un territoire bien gouverné — le prince humaniste et le prince souverain dans une même salle. Les grotesques, enfin, empruntés aux ruines romaines redécouvertes sous Rome, disaient que Munich lisait désormais la même grammaire ornementale que l'Italie.
Pourquoi ce lieu compte
Parce qu'il est le premier grand geste Renaissance d'un prince allemand : non pas une chapelle ou une tombe, mais un palais du savoir à l'antique. L'Antiquarium annonce le siècle des cabinets et des collections princières, et fixe à Munich le modèle d'une cour savante dont la Residenz, au fil des Wittelsbach, ne cessera de s'agrandir.
Histoire
Albert V (1528-1579) est un prince collectionneur, dévoreur d'art et de livres, au point d'endetter son duché ; on lui doit la bibliothèque de cour (ancêtre de l'actuelle Bibliothèque d'État de Bavière) et une fameuse chambre des merveilles. Pour loger ses marbres antiques, acquis en partie par l'entremise de son agent, il commande à l'érudit mantouan Jacopo Strada le concept d'une salle à l'italienne, pensée comme un studiolo géant ; l'architecte ducal Wilhelm Egkl en dirige la construction, tandis que Simon Zwitzel fournit dès 1570 les plans et l'expertise de la voûte. Son petit-fils Guillaume V puis Maximilien Iᵉʳ transforment et décorent l'ensemble. Bombardée en 1944, la Residenz a été restaurée sur des décennies — l'Antiquarium sous la direction d'Otto Meitinger — ; relativement épargné puis restitué, il se visite aujourd'hui au sein du musée de la Residenz. Jacopo Strada n'était pas un conseiller ordinaire : antiquaire et agent des Habsbourg, familier des cours de Vienne et de Prague, il incarnait ce réseau d'érudits qui, d'une capitale à l'autre, fixaient le goût des princes pour l'Antiquité. En l'appelant à Munich, Albert V plaçait d'emblée sa collection au niveau des plus grandes d'Europe.
Sources
- 1.Bayerische Schlösserverwaltung — Residenz München, Antiquarium
- 2.Münchner Stadtmuseum / Bayerisches Nationalmuseum — collections d'Albert V
- 3.Wikipedia DE « Antiquarium (Residenz München) »
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Fiche mise à jour le 7 novembre 2026
