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✦ Monument ✦

Nouveau Château de Bade-Baden

Château / Demeure·Bade-Baden

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À voir

Imaginez le peintre de cour sur son échafaudage, en 1576, couvrant de fresques la grande salle du Nouveau Château. Tobias Stimmer, venu de Schaffhouse, y déploie pour le margrave Philippe II un décor fastueux, l'un des plus ambitieux de la Renaissance du Rhin supérieur. Sous ses pinceaux, la résidence des margraves de Bade-Bade affirme un rang : au-dessus de la ville thermale et de ses eaux chaudes, le château domine, corps de logis massif flanqué de sa tour d'archives. Tout cet éclat peint brûlera en 1689, dans la guerre qui ravage le pays ; mais la masse Renaissance, elle, tient encore — et c'est elle qu'on vient lire aujourd'hui, débarrassée des fastes perdus.# Nouveau Château de Bade-BadenAccroché au Florentinerberg, au-dessus du Marktplatz et de la Stiftskirche, le Nouveau Château fut la résidence des margraves de Bade-Baden à partir de la fin du XVe siècle. Dans les années 1570-1580, le margrave Philippe II le fit rebâtir dans le goût de la Renaissance italienne. L'incendie français de 1689 a emporté son décor le plus célèbre ; ce qui demeure raconte autant la grandeur d'une cour princière que l'ampleur de la perte.

Ce qu'il faut regarder

On embrasse d'abord la silhouette : un corps de logis à trois niveaux, posé en terrasse sur le rocher, dont la masse et l'implantation remontent pour l'essentiel à la campagne Renaissance du XVIe siècle. Autour de la cour subsistent plusieurs bâtiments de service de cette même époque — un bâtiment de réserves, l'aile des cuisines et une tour d'archives — qui, mieux que les appartements, conservent la trame du château des margraves. On franchit la cour par un portail cintré, puis l'on gagne la longue terrasse d'agrément aménagée en 1670, d'où le regard plonge sur les toits de la vieille ville et la Stiftskirche. Il faut regarder ce château en sachant lire deux récits superposés : la résidence Renaissance dans ses volumes et ses dépendances, et par-dessus les reprises des XVIIIe et XIXe siècles. La grande salle de fête qui faisait la réputation du lieu, elle, ne se voit plus : elle appartient à ce qui a brûlé.

Histoire

Une première installation castrale est attestée sur la hauteur dès la fin du XIVe siècle. Vers 1479, le margrave Christophe Iᵉʳ fait du site sa résidence, qui succède au château de Hohenbaden dominant la vallée ; le château de la ville devient dès lors le siège des margraves de Bade-Baden. Le tournant Renaissance vient du margrave Philippe II (1559-1588) : dans les années 1570, il fait reconstruire et agrandir la demeure dans le style de la Renaissance italienne, chantier attribué au maître d'œuvre Caspar Weinhart. Entre 1576 et 1578, le peintre strasbourgeois Tobias Stimmer orne le plafond de la grande salle de treize scènes allégoriques et en commence les murs, achevés par son frère Abel. En 1689, pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, les troupes de Louis XIV ravagent la ville et incendient le château ; le décor de Stimmer est perdu. La cour s'étant repliée sur Rastatt, le château n'est relevé qu'au début du XVIIIe siècle sur ses murs conservés, avec notamment une maison de cavaliers (1709). Au XIXe siècle, il sert de résidence d'été aux grands-ducs de Bade : Léopold fait restaurer les salles d'apparat par Friedrich Theodor Fischer (1843-1847) dans un esprit néo-Renaissance. Propriété privée de la maison de Bade au XXe siècle, le domaine est vendu en 2003 à des investisseurs, avant l'abandon définitif d'un projet hôtelier en 2022.

Symboles et secrets

Le secret du Nouveau Château est celui d'un chef-d'œuvre fantôme. La grande salle de Philippe II comptait parmi les ensembles peints les plus ambitieux de la Renaissance au sud-ouest de l'Empire : un programme allégorique signé Tobias Stimmer, l'un des grands décorateurs germaniques du temps. Tout cela n'existe plus qu'en creux, connu par une description de 1667 et des copies partielles antérieures à 1689 — on étudie aujourd'hui une œuvre disparue à travers ses doubles. L'inventaire de 1582, qui dénombre à la cour 218 instruments de musique, dit assez le raffinement d'un prince mélomane ; il signale aussi une dette princière considérable, revers d'un faste assumé. Le néo-Renaissance des salles du XIXe siècle, enfin, n'est pas un simple décor : c'est un hommage rétrospectif à la splendeur perdue du XVIe siècle.

Pourquoi ça compte

Le Nouveau Château est la résidence princière de référence du margraviat de Bade-Baden à la Renaissance. Même amputé de son décor, il documente l'arrivée du vocabulaire italien à la cour des margraves et la commande de grands cycles peints par des artistes de premier plan comme les Stimmer. C'est aussi un cas d'école pour l'honnêteté patrimoniale : il faut distinguer ce qui est Renaissance attesté — la masse du corps de logis, les dépendances du XVIe siècle — de ce qui relève des reconstructions postérieures, et nommer sans détour ce que l'incendie de 1689 a emporté. Comprendre ce château, c'est apprendre à lire une strate dans une autre.

Histoire

Une première installation castrale est attestée sur la hauteur dès la fin du XIVe siècle. Vers 1479, le margrave Christophe Iᵉʳ fait du site sa résidence, qui succède au château de Hohenbaden dominant la vallée ; le château de la ville devient dès lors le siège des margraves de Bade-Baden. Le tournant Renaissance vient du margrave Philippe II (1559-1588) : dans les années 1570, il fait reconstruire et agrandir la demeure dans le style de la Renaissance italienne, chantier attribué au maître d'œuvre Caspar Weinhart. Entre 1576 et 1578, le peintre strasbourgeois Tobias Stimmer orne le plafond de la grande salle de treize scènes allégoriques et en commence les murs, achevés par son frère Abel. En 1689, pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, les troupes de Louis XIV ravagent la ville et incendient le château ; le décor de Stimmer est perdu. La cour s'étant repliée sur Rastatt, le château n'est relevé qu'au début du XVIIIe siècle sur ses murs conservés, avec notamment une maison de cavaliers (1709). Au XIXe siècle, il sert de résidence d'été aux grands-ducs de Bade : Léopold fait restaurer les salles d'apparat par Friedrich Theodor Fischer (1843-1847) dans un esprit néo-Renaissance. Propriété privée de la maison de Bade au XXe siècle, le domaine est vendu en 2003 à des investisseurs, avant l'abandon définitif d'un projet hôtelier en 2022.

Sources

  1. 1.Neues Schloss (Baden-Baden)
  2. 2.New Castle (Baden-Baden)
  3. 3.Tobias Stimmer

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Fiche mise à jour le 7 novembre 2026

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