Contes, légendes & anecdotes
Le labyrinthe de la collégiale de Saint-Quentin est l'un des rares labyrinthes médiévaux encore en place dans une église française (la plupart ayant été détruits au XVIIIe siècle). Ce labyrinthe, tracé dans le dallage du transept, mesurait à l'origine plusieurs mètres de diamètre — les pèlerins le parcouraient à genoux, en guise de pèlerinage symbolique, pour obtenir les mêmes indulgences que le voyage à Jérusalem. La collégiale, endommagée lors de la bataille de Saint-Quentin (1557, victoire espagnole sur les Français), fut partiellement reconstruite avec des éléments Renaissance — les chapelles du XVIe siècle portent encore les traces de cette reconstruction post-guerre.
Histoire
La collégiale de Saint-Quentin (dédiée à saint Quentin, martyr du IIIe siècle) est l'une des grandes collégiales gothiques du nord de la France — ses dimensions (100 mètres de long, 33 mètres sous voûte) en font l'une des plus vastes de Picardie. Le transept, avec son élévation à quatre niveaux (grandes arcades, tribunes, triforium, fenêtres hautes), est un chef-d'œuvre du gothique rayonnant du XIIIe siècle. Mais au XVIe siècle, des éléments Renaissance vinrent enrichir l'édifice : un portail secondaire à pilastres et médaillons, des chapelles latérales avec des retables sculptés, des fonts baptismaux à baldaquin. La collégiale possède également l'un des labyrinthes médiévaux les plus complets de France — une dallage de pierre gravée au sol du transept qui représente le chemin symbolique vers Jérusalem.
À voir
Récit incarné
Saint-Quentin, Aisne. La ville de la batiste — cette toile légère et fine qui donna son nom à une technique de tissage. La ville de la grande victoire espagnole de 1557. La ville reconstruite après la Grande Guerre.
La collégiale domine la place Hôtel-de-Ville. Sa façade gotique, ses contreforts à pinacles, ses rosaces. Entrez dans le transept — la hauteur saisit. Trente-trois mètres sous voûte, la même que Reims. Et au sol, le labyrinthe.
Mettez-vous au centre du labyrinthe. Regardez les lignes gravées dans le calcaire médiéval. Les pèlerins qui parcouraient ceci à genoux croyaient marcher symboliquement vers Jérusalem. Puis levez les yeux vers les chapelles latérales — leurs pilastres Renaissance, leurs retables XVIe siècle. La Jérusalem médiévale et la modernité Renaissance dans le même espace.
Lecture architecturale
La collégiale de Saint-Quentin présente un plan en croix latine avec un transept exceptionnel à quatre niveaux d'élévation. Les chapelles latérales ajoutées ou remaniées au XVIe siècle présentent des pilastres à arabesques et des retables sculptés Renaissance.
Symboles à observer
1. Le labyrinthe médiéval : au sol du transept, le labyrinthe gravé. L'un des rares survivants en France.
2. Les chapelles Renaissance : les chapelles latérales du XVIe siècle, avec leurs pilastres et retables — la reconstruction post-1557.
3. Le transept gothique : l'élévation à quatre niveaux — grandes arcades, tribunes, triforium, fenêtres hautes. L'ambition gothique rayonnante.
4. Les fonts baptismaux à baldaquin : dans la nef, le baldaquin Renaissance à colonnes corinthiennes.
Anecdote mémorable
Philippe II d'Espagne fonda l'Escurial en remerciement de la victoire de Saint-Quentin (1557) — l'Escurial fut dédié à saint Laurent parce que la bataille eut lieu le jour de sa fête. Le roi d'Espagne qui battit les Français à Saint-Quentin construisit en Espagne son palais le plus célèbre. La collégiale de Saint-Quentin porta les traces de cette bataille dans ses chapelles reconstruites.
Pour aller plus loin
- Laon (02, 35 km) — la cathédrale aux bœufs.
- Soissons (02, 50 km) — la cathédrale gothique partiellement reconstituée.
- Musée Antoine Lécuyer (Saint-Quentin) — les pastels de La Tour.



