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Basilique Saint-Quentin — édifice religieux à Saint-Quentin (Aisne (02)) (02), monument historique (Classé MH)

Monument

Basilique Saint-Quentin

XIIe-XVIe siècle (campagne Renaissance 1490-1560)·Religieux·Saint-Quentin (Aisne (02)) (02)·Classé MH

À voir

Histoire

La basilique Saint-Quentin est l'un des plus grands édifices gothiques de Picardie« basilique-cathédrale » par sa taille (125 m de long, 34 m sous voûte) bien qu'elle n'ait jamais été cathédrale au sens canonique. Construite aux XIIe-XVe siècles sur le tombeau de saint Quentin (martyr romain du IIIe siècle), elle constitue l'un des plus émouvants sanctuaires martyriaux de France.

L'édifice fut érigé sur le tombeau de saint Quentin (Quintinus), martyr romain mort vers 287 sous Dioclétien. Selon la tradition, il fut décapité sur les rives de la Somme à l'emplacement actuel de la ville (qui porte son nom : VermandAugusta ViromanduorumSaint-Quentin après transfert des reliques au IVe siècle). Le culte martyrial se développa rapidement, et la basilique actuelle fut construite principalement entre 1175 et 1477 (302 ans de chantier).

L'élément Renaissance se concentre dans les chapelles latérales ajoutées entre 1490 et 1560 sous Charles VIII, Louis XII, François Ier et Henri II : chapelles de la Vierge, chapelle des Fonts, chapelle Saint-Eutrope. Ces chapelles abritent un mobilier Renaissance important : retables sculptés, statues XVIe siècle, vitraux.

L'édifice fut gravement endommagé lors de la Première Guerre mondiale : pendant 3 ans (1917-1918), il servit de dépôt de munitions allemand, puis fut bombardé par les Alliés. La flèche s'effondra en 1918. Restauration générale dans les années 1920.

Le labyrinthe du dallage (1495), encore visible dans la nef, est avec celui d'Amiens (voir fiche #111) et de Chartres l'un des trois labyrinthes médiévaux subsistant en France.

À voir absolument

  • Le labyrinthe du dallage (1495), l'un des trois labyrinthes médiévaux subsistant en France
  • L'élévation gothique monumentale (125 m × 34 m), parmi les plus grandes de Picardie
  • Le « double transept », particularité architecturale rare en France
  • La crypte martyriale (IXe-XIIe siècles), avec le tombeau de saint Quentin
  • Les chapelles latérales Renaissance (1490-1560), ornées de retables XVIe
  • Les vitraux des XIVe-XVIe siècles, partiellement conservés (avec restaurations XXe)
  • Les stalles sculptées (XVIe siècle)
  • Le buffet d'orgue classique (XVIIe siècle), classé MH
  • Le trésor de la basilique (visite payante)
  • L'emplacement urbain : au cœur de Saint-Quentin, à 5 min à pied du musée Antoine Lécuyer (gratuit, collection de portraits au pastel de Quentin de La Tour, peintre saint-quentinois)

Anecdotes & secrets

Saint Quentin (Quintinus), martyr romain mort vers 287, est l'un des plus anciens martyrs français. Selon les Actes du martyre (texte du Ve siècle), il était fils d'un sénateur romain (Zeno) et vint évangéliser la Gaule belgique sous l'empereur Dioclétien (286-305). Capturé à Augusta Viromanduorum (Saint-Quentin antique), il fut torturé pendant des jours selon une horrible créativité (clous enfoncés dans les épaules et le crâne, têtes coupées et recousues, etc.) puis décapité. Son corps fut jeté dans la Somme mais redécouvert miraculeusement par sainte Eusébie au IVe siècle. La basilique fut bâtie sur le tombeau redécouvert.

Le « double transept » de Saint-Quentin est l'une des particularités architecturales les plus rares en France. La basilique présente deux transepts successifs (au lieu d'un seul transept central comme la plupart des cathédrales), créant un plan unique : nef → premier transept → chœur intermédiaire → second transept → chœur final. Cette structure complexe s'explique par les agrandissements successifs : le chœur initial (XIIe siècle) fut conservé lors de l'agrandissement XIIIe-XIVe siècles, et un second transept fut ajouté pour prolonger l'édifice vers l'est. Cette disposition se retrouve aussi à la cathédrale de Cantorbéry (Angleterre) et à la basilique de Saint-Denis (Île-de-France).

Quentin de La Tour (1704-1788), peintre au pastel, maître absolu du genre au XVIIIe siècle, était né à Saint-Quentin et fit don de sa collection de pastels à sa ville natale en 1786. La collection (87 pastels) est aujourd'hui conservée au musée Antoine Lécuyer (gratuit, à 5 min de la basilique) — l'une des plus belles collections de pastels au monde, incluant les portraits de Louis XV, Madame de Pompadour, Marie Leszczynska, Voltaire, Rousseau, d'Alembert (chef-d'œuvre absolu). À voir absolument lors d'une visite à Saint-Quentin.

Conseils de visite

Basilique ouverte tous les jours de 9h à 18h, entrée libre. Trésor : visite payante (4€). Combiner impérativement avec la visite du musée Antoine Lécuyer (gratuit, collection Quentin de La Tour), des vestiges de la ville Art déco (Saint-Quentin reconstruite Art déco après 1918, l'un des plus grands ensembles Art déco de France), et de l'hôtel de ville Renaissance (1509, classé MH). Saint-Quentin accessible depuis Paris-Gare-du-Nord en train (1h30) ou Lille en TER (1h).

Pour aller plus loin