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Château de Serrant — château à Saint-Georges-sur-Loire, Maine-et-Loire, classé mh

✦ Monument ✦

Château de Serrant

1546–1610·Château / Demeure·Saint-Georges-sur-Loire (49)·Classé MH·François Ier, Henri II, François II, Charles IX, Henri III, Henri IV
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Château de Serrant — château à Saint-Georges-sur-Loire, Maine-et-Loire, façade, classé mh
Château de Serrant — château à Saint-Georges-sur-Loire, Maine-et-Loire, intérieur, classé mh
Château de Serrant — château à Saint-Georges-sur-Loire, Maine-et-Loire, vue de nuit, classé mh

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Quel célèbre armateur irlandais a financé et organisé le transport de Bonnie Prince Charlie lors du soulèvement jacobite de 1745 ?

À voir

À Saint-Georges-sur-Loire, aux portes d'Angers, le château de Serrant est l'un des plus beaux fleurons de la Renaissance angevine. Élevé à partir de 1539 sur les restes d'une forteresse médiévale, poursuivi pendant près de deux siècles, il frappe par le contraste de ses matériaux — tuffeau clair et schiste sombre — et par l'ampleur de son escalier d'honneur. Demeure toujours habitée et meublée, il a reçu rois et grands de ce monde.

Un chantier Renaissance ouvert en 1539

La construction du château actuel débute en 1539, sous la houlette de Péan de Brie, qui fait appel à l'architecte angevin Jean Delespine. Le chantier, mené par campagnes successives, se poursuivra de façon intermittente jusqu'en 1710, soit sur près de cent soixante-dix ans et plusieurs propriétaires. L'édifice s'élève sur les bases d'une forteresse médiévale antérieure, dont il réemploie l'assise, mais il adopte résolument le vocabulaire de la Renaissance : régularité des façades, grandes ouvertures, décor sculpté. Le logis s'organise autour d'un escalier à double volée contrariée en pierre, aux voûtes décorées, pièce maîtresse qui signe l'ambition du projet.

Le jeu du tuffeau et du schiste

La signature visuelle de Serrant tient à ses matériaux. Les façades sur cour sont traitées dans le tuffeau clair, cette pierre tendre de la Loire que les bâtisseurs de la Renaissance affectionnaient pour la finesse de sa sculpture ; les grosses tours d'angle, elles, sont montées dans le schiste ardoisier sombre de la région. Ce contraste du blanc et du noir, caractéristique de l'architecture angevine, donne à l'ensemble une élégance très particulière, à la fois puissante par la masse des tours et raffinée par le détail du décor. Le visiteur doit chercher ce dialogue des pierres, qui résume à lui seul le génie des maçons ligériens.

Des Bautru aux Walsh : trois siècles de propriétaires

En 1636, Guillaume Bautru acquiert le domaine et reprend le chantier interrompu, ajoutant ailes et pavillons pour compléter le logis. Sous les Bautru, Serrant accède au premier rang : le château reçoit la visite de Louis XIV en 1661, honneur insigne qui atteste de son prestige. En 1749, Antoine Walsh, armateur nantais d'origine irlandaise, achète la demeure pour 824 000 livres ; en 1755, la seigneurie est érigée en comté. Les Walsh redécorent les intérieurs et aménagent un parc à l'anglaise, adaptant le château au goût de leur temps sans en altérer la structure Renaissance. En 1894, l'architecte Lucien Magne mène une restauration d'ensemble et dote la demeure du confort moderne, de l'électricité à l'eau courante.

Ce qu'il faut voir

L'escalier d'honneur à double volée contrariée, avec ses voûtes de pierre décorées, est le morceau de bravoure de la visite : il faut en suivre le dessin pour comprendre la virtuosité des maîtres d'œuvre de la Renaissance. Les façades sur cour en tuffeau, animées de lucarnes et de fenêtres à meneaux, et les grosses tours de schiste encadrant le corps de logis, composent la silhouette la plus photographiée du château. Les douves, le parc paysager hérité des Walsh et les intérieurs meublés complètent le parcours. Classé au titre des monuments historiques en 1948, Serrant est ouvert aux visiteurs depuis 1954 et demeure l'un des grands châteaux habités de l'Anjou.

Le saviez-vous ?

La longévité du chantier de Serrant — de 1539 à 1710 — explique la remarquable unité d'un édifice pourtant bâti sur près de deux siècles : chaque génération de propriétaires a respecté le parti initial de la Renaissance, se contentant de le compléter sans le trahir. La visite de Louis XIV en 1661 inscrit la demeure dans la grande histoire du royaume, au moment où le Roi-Soleil parcourait ses provinces. L'origine irlandaise des Walsh, armateurs et fidèles de la cause jacobite, ajoute une touche cosmopolite à l'histoire du lieu : voilà une demeure angevine, bâtie par un gentilhomme du XVIe siècle, agrandie sous Louis XIII, honorée par Louis XIV, puis portée à son éclat par une famille venue d'Irlande. Serrant résume ainsi, dans la pierre claire et sombre de ses façades, l'ouverture de la Renaissance ligérienne à l'Europe et aux siècles.

Histoire

L'un des plus grands châteaux de la Loire, construit à partir de 1546 par Charles de Brie, remanié aux XVIIe et XVIIIe siècles. Mêle architecture Renaissance (façades à pilastres, dômes) et influences classiques. Appartient à la famille Walsh puis aux princes de Ligne depuis le XIXe siècle. Napoléon y séjourna en 1808 lors de sa campagne d'Espagne. La bibliothèque conserve 12 000 volumes. Classé Monument Historique.

Contes, légendes & anecdotes

La bibliothèque de Serrant conserve notamment une des quatre copies du globe terrestre ayant appartenu à Colbert, et des correspondances de Napoléon. Le mausolée de la chapelle, construit pour Antoine Walsh — armateur irlandais qui finança et transporta Bonnie Prince Charlie lors du soulèvement jacobite de 1745 — contient les cœurs de plusieurs membres de la famille, dans un rite funéraire aristocratique alors courant. Les Ligne ont été les derniers à pratiquer ce rite en France au XXe siècle.

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Fiche mise à jour le 10 octobre 2026

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