À voir
Descendez avec le maître de cave dans les caves voûtées : là trône le Tübinger Riesenfass, le tonneau géant de 1549, capable d'engloutir des dizaines de milliers de litres. Chez les ducs de Wurtemberg, pays de vignobles, le vin est affaire d'État — et de démesure. Mais au-dessus de ces caves, le château parle une autre langue : quatre gros bastions ronds, dressés par le duc Ulrich dès 1507 pour l'âge du canon, veillent sur le Neckar. Guerre et table, peur et fête cohabitent sous la même colline ; et un siècle plus tard, le portail triomphal de 1606 viendra coiffer la forteresse d'un arc à l'antique, comme pour oublier, le temps d'une entrée, la menace des sièges.# Le château de HohentübingenHaut au-dessus du Neckar et des toits de Tübingen, le château de Hohentübingen couronne la colline de son quadrilatère flanqué de gros bastions ronds. Forteresse d'artillerie remaniée par les ducs de Wurtemberg à partir de 1507, résidence et place forte à la fois, il garde de la Renaissance ses bastions, sa grande salle des fêtes, sa cave au tonneau géant — et, au bas de la rampe, un portail d'apparat en forme d'arc de triomphe.
Ce qu'il faut regarder
Gravissez la Burgsteige, la rampe raide qui monte de la vieille ville, et arrêtez-vous devant le portail de 1606/07, le « Friedrichstor » : un arc de triomphe à l'antique, colonnes jumelées de part et d'autre du passage, le tout couronné des armes du duc Frédéric Ier. C'est la pièce la plus purement Renaissance du château, attribuée à l'architecte Heinrich Schickhardt, avec une sculpture de Christoph Jelin.
Franchissez les murs : le château est un quadrilatère autour d'une cour à galeries, flanqué de quatre bastions d'angle (rondelles) conçus pour l'artillerie. Ne manquez pas la grande salle des fêtes (Festsaal), longue d'une cinquantaine de mètres, et surtout, dans les caves voûtées, le fameux Tübinger Riesenfass, un tonneau géant de 1549 d'une contenance de dizaines de milliers de litres. Enfin, retournez-vous vers la vallée : le regard plonge sur le Neckar et la ville ancienne — on comprend la valeur militaire du site.
Histoire
Un château existait ici au Moyen Âge, siège des comtes puis des ducs. À partir de 1507, le duc Ulrich de Wurtemberg entreprend de le transformer en forteresse d'artillerie moderne : on dresse quatre bastions d'angle sur les anciens murs du zwinger, on adapte la place à l'âge du canon. Des ingénieurs réputés y travaillent, tel le maître des fortifications hessois Heinz von Lüder. La grande salle des fêtes et les immenses caves datent de cette campagne ; le Riesenfass y est installé en 1549.
Un siècle plus tard, le duc Frédéric Ier (1593-1608) couronne l'ensemble d'un portail d'apparat à l'antique, achevé en 1606/07 : la forteresse se dote d'une entrée digne d'un prince humaniste. Place forte, Tübingen connaît les épreuves des guerres — un siège marque le château durant la guerre de Trente Ans. En 1816, le roi Guillaume Ier donne le château à l'Université de Tübingen ; il en abrite depuis les instituts et, aujourd'hui, le musée universitaire (MUT) et ses collections.
Symboles et secrets
Le château dit deux langages à la fois. Les bastions ronds parlent la langue de la guerre : ils sont faits pour encaisser et renvoyer le feu, froids, fonctionnels, nés de la peur du canon. Le portail de 1606, lui, parle la langue de la paix et du prestige : un arc de triomphe romain, emprunté aux Césars, pour dire la grandeur du duc. Entre les deux, un siècle sépare la Renaissance de la défense et la Renaissance de la représentation. Quant au Riesenfass, ce colosse de la cave, il rappelle que la cour de Wurtemberg, pays de vignobles, faisait du vin une affaire d'État — et de démesure.
Pourquoi ce lieu compte
Parce qu'il réunit en un seul lieu les deux visages de la Renaissance princière : la forteresse savante de l'âge de l'artillerie et le portail triomphal de la culture humaniste. Donné à l'une des plus anciennes universités d'Allemagne, Hohentübingen a prolongé sa vie en foyer de savoir — la forteresse des ducs devenue maison des sciences. C'est dans un laboratoire aménagé dans ses murs que, bien plus tard, en 1869, le jeune médecin suisse Friedrich Miescher isola pour la première fois une substance qu'il nomma « nucléine » : ce que nous appelons aujourd'hui l'ADN. Le vieux château-forteresse abrite aujourd'hui le musée universitaire et ses collections, des plus anciennes figurines d'ivoire de l'humanité aux antiques — la place forte de l'âge du canon devenue conservatoire de la mémoire du monde.
Histoire
Un château existait ici au Moyen Âge, siège des comtes puis des ducs. À partir de 1507, le duc Ulrich de Wurtemberg entreprend de le transformer en forteresse d'artillerie moderne : on dresse quatre bastions d'angle sur les anciens murs du zwinger, on adapte la place à l'âge du canon. Des ingénieurs réputés y travaillent, tel le maître des fortifications hessois Heinz von Lüder. La grande salle des fêtes et les immenses caves datent de cette campagne ; le Riesenfass y est installé en 1549.
Un siècle plus tard, le duc Frédéric Ier (1593-1608) couronne l'ensemble d'un portail d'apparat à l'antique, achevé en 1606/07 : la forteresse se dote d'une entrée digne d'un prince humaniste. Place forte, Tübingen connaît les épreuves des guerres — un siège marque le château durant la guerre de Trente Ans. En 1816, le roi Guillaume Ier donne le château à l'Université de Tübingen ; il en abrite depuis les instituts et, aujourd'hui, le musée universitaire (MUT) et ses collections.
Sources
- 1.Universität Tübingen / MUT — Schloss Hohentübingen
- 2.Wikipedia DE « Schloss Hohentübingen »
- 3.Tüpedia — Schloss Hohentübingen / Unteres Schlosstor
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Fiche mise à jour le 7 novembre 2026
