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Église Saint-Pierre de Mâcon (vieille église) — édifice religieux à Mâcon (Saône-et-Loire (71)) (71), monument historique (Inscrit MH)

Monument

Église Saint-Pierre de Mâcon (vieille église)

Fin XVe-milieu XVIe siècle (Charles VIII — Henri II)·Religieux·Mâcon (Saône-et-Loire (71)) (71)·Inscrit MH
Église Saint-Pierre de Mâcon (vieille église) — édifice religieux à Mâcon (Saône-et-Loire (71)) (71), monument historique (Inscrit MH) — vue 2
Église Saint-Pierre de Mâcon (vieille église) — édifice religieux à Mâcon (Saône-et-Loire (71)) (71), monument historique (Inscrit MH) — vue 3

À voir

Histoire

L'église Saint-Pierre de Mâcon (à ne pas confondre avec la cathédrale Saint-Vincent voisine) est l'un des édifices religieux Renaissance les plus méconnus de Bourgogne du Sud. Construite entre la fin du XVe siècle et le milieu du XVIe, elle illustre la production architecturale des paroisses urbaines mâconnaises sous les évêques humanistes du XVIe siècle — notamment Antoine de Talaru (évêque 1573-1599) qui finança une grande partie du décor intérieur.

Mâcon, cité épiscopale depuis le IVe siècle, fut au XVIe siècle un important carrefour commercial entre Lyon, Genève et Paris. La ville hébergeait une importante communauté protestante et fut prise plusieurs fois pendant les guerres de Religion (1562, 1567, 1577). L'iconoclasme huguenot y fut particulièrement violent : la cathédrale Saint-Vincent (qui sera détruite à la Révolution) fut saccagée à plusieurs reprises. Saint-Pierre, plus modeste, fut relativement épargnée, ce qui explique la bonne conservation de son décor Renaissance.

L'édifice présente un plan en croix latine simple, mais déploie un programme ornemental Renaissance précoce remarquable : voûtes étoilées flamboyantes typiques de 1500-1550, médaillons à profil antique sur les arcs, chapiteaux historiés mêlant motifs gothiques et putti italianisants, portail occidental à pilastres cannelés.

À ne pas confondre : la « nouvelle » église Saint-Pierre de Mâcon, construite en 1860-1865 en style néo-roman, est un autre édifice, sans rapport avec celle-ci.

À voir absolument

  • Les voûtes étoilées flamboyantes (vers 1500-1530), typiques de la transition gothique-Renaissance en Bourgogne
  • Le portail occidental Renaissance avec ses pilastres cannelés et son fronton brisé
  • Les médaillons à profil antique sur les arcs de la nef, vocabulaire italien parfaitement assimilé
  • Les chapiteaux historiés mêlant motifs gothiques (feuilles, monstres) et motifs Renaissance (putti, rinceaux d'acanthes)
  • La chapelle Saint-Antoine, ornée de peintures murales du XVIe siècle représentant la vie du saint
  • Le retable du maître-autel Renaissance (vers 1580-1600)
  • Les vitraux des XVIe-XVIIe siècles, partiellement conservés
  • Les stalles sculptées du chœur

Anecdotes & secrets

Le poète Alphonse de Lamartine (1790-1869), enfant de Mâcon, fut baptisé dans l'église Saint-Pierre en octobre 1790, juste avant la fermeture de l'édifice au culte par la Révolution. Une plaque commémorative discrète, posée en 1933, rappelle cet épisode. Lamartine évoque l'église dans ses Confidences(1849) comme «la modeste paroisse de mon enfance, où ma mère m'apprit à lire les psaumes ». Il y revenait chaque été depuis sa propriété voisine de Saint-Point.

La cathédrale Saint-Vincent de Mâcon, voisine, fut détruite à la Révolution entre 1799 et 1819 — l'une des rares cathédrales françaises rayées de la carte. Seul subsiste son narthex roman transformé en monument historique sans toit. Cette destruction explique le transfert de plusieurs œuvres d'art majeures de Saint-Vincent vers Saint-Pierre : retable Renaissance, statues, reliquaires, tableaux. C'est pourquoi Saint-Pierre conserve un mobilier liturgique disproportionné par rapport à sa taille modeste.

Le fondateur du protestantisme français Théodore de Bèze (1519-1605), bras droit de Calvin à Genève, naquit à Vézelay mais fit ses études à Mâcon entre 1531 et 1535. Il aurait, selon la tradition locale, assisté à la messe à Saint-Pierre dans son adolescence — avant sa conversion au protestantisme en 1548. Les paroissiens mâconnais le pleurent et le revendiquent encore aujourd'hui comme « un des leurs égaré par les vents du Nord ».

Conseils de visite

Église ouverte tous les jours de 9h à 19h, entrée libre. À 10 minutes à pied de la gare TGV Mâcon-Loché (1h40 depuis Paris). Combiner avec la visite des vestiges du Vieux Saint-Vincent (à 200 m), de l'hôtel-Dieu de Mâcon (XVIIIe), du musée des Ursulines (collections lamartiniennes, gratuit le 1er dimanche). Mâcon est aussi la porte du Mâconnais viticole : combiner avec la roche de Solutré, les villages viticoles de Pouilly-Fuissé, et l'abbaye de Cluny à 25 km.

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