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Willem Barentsz (~1550-1597)

✦ Illustre ✦

Willem Barentsz

exploration polaire / navigation

~1550-1597·exploration polaire · navigation

Contributions & œuvres

Navigateur et cartographe frison, Willem Barentsz chercha par trois fois une route vers la Chine à travers les mers glacées du Nord. Il ne la trouva jamais — nul ne pouvait la trouver —, mais son dernier voyage, avec l'hivernage héroïque de son équipage prisonnier des glaces de Nouvelle-Zemble, devint la plus fameuse épopée de l'exploration néerlandaise. La mer de Barents porte aujourd'hui son nom.

Trois voyages vers le Nord

Né vers 1550 sur l'île de Terschelling, Barentsz se fit cartographe des mers septentrionales sous l'impulsion de Petrus Plancius, convaincu qu'une route libre menait vers l'Asie par le nord de la Russie. En 1594, puis en 1595, il tenta le passage : les deux fois, la banquise de la mer de Kara l'arrêta. En 1596, lors d'une troisième expédition, il prit une route plus au nord et fit une découverte majeure — l'archipel du Spitzberg (Svalbard) et l'île aux Ours —, avant de contourner la Nouvelle-Zemble. Là, en août, son navire fut pris et broyé par les glaces. Il n'y avait plus de retour possible avant le dégel.

L'hivernage et la mort dans les glaces

Bloqués à l'entrée de l'hiver arctique, Barentsz et ses hommes firent l'impensable : ils démontèrent une partie du navire pour bâtir sur la côte une cabane de bois flotté, le Behouden Huys (« la Maison préservée »), et y survécurent près d'un an, chassant l'ours et le renard, luttant contre le froid, le scorbut et la nuit polaire. Ce fut la première fois que des Européens hivernaient si haut dans l'Arctique. Au printemps 1597, les survivants regagnèrent la mer libre à bord de deux chaloupes ouvertes ; Barentsz, épuisé et malade, mourut en mer le 20 juin, sept jours seulement après le départ, penché sur ses cartes. Sa quête reposait sur une erreur géographique — le passage du Nord-Est ne serait franchi qu'au XIXᵉ siècle —, mais son courage et la précision de ses relevés en firent une légende immédiate, fixée par le récit de son compagnon Gerrit de Veer.

Anecdote mémorable

En 1871, près de trois siècles après le drame, un capitaine norvégien retrouva par hasard le Behouden Huys de Nouvelle-Zemble, resté figé dans le froid : horloge, outils, instruments, livres et objets de l'équipage étaient là, presque intacts, conservés par le gel. Ces reliques, aujourd'hui au Rijksmuseum d'Amsterdam, sont comme un instantané de l'hivernage de 1596 — l'un des plus émouvants trésors de l'exploration polaire.

Importance historique

Navigateur et cartographe frison, Willem Barentsz chercha par trois fois une route vers la Chine à travers les mers glacées du Nord. Il ne la trouva jamais — nul ne pouvait la trouver —, mais son dernier voyage, avec l'hivernage héroïque de son équipage prisonnier des glaces de Nouvelle-Zemble, devint la plus fameuse épopée de l'exploration néerlandaise. La mer de Barents porte aujourd'hui son nom.

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