
✦ Illustre ✦
Thomas a Kempis
religieux / auteur spirituel
Contributions & œuvres
Il passa près de soixante-dix ans dans un même monastère, sur une colline près de Zwolle, à copier, prier et écrire — et il en sortit un petit livre qui, après la Bible, fut le plus imprimé de toute la chrétienté. Thomas a Kempis, né vers 1380 à Kempen en Rhénanie, mort en 1471 à l'Agnietenberg (le mont Sainte-Agnès), est l'auteur de L'Imitation de Jésus-Christ. Un précurseur silencieux, dont la spiritualité intérieure annonçait déjà un âge nouveau.
Le copiste de l'Agnietenberg
Thomas fut d'abord un enfant de la Devotio Moderna. Envoyé à Deventer vers 1392, il y fréquenta la fameuse école latine et rencontra les Frères de la Vie commune, héritiers de Geert Grote. En 1406, il entra au monastère de l'Agnietenberg, près de Zwolle, une maison des chanoines de la congrégation de Windesheim, née elle aussi de la « dévotion moderne ». Il y resta jusqu'à sa mort, plus de soixante ans plus tard : sous-prieur, maître des novices, copiste inlassable. On dit qu'il copia la Bible entière quatre fois. C'est pour l'instruction de ces jeunes moines qu'il rédigea, entre 1418 et 1427, les quatre petits traités réunis sous le titre de L'Imitation de Jésus-Christ (De Imitatione Christi).
Le livre qui conquit le monde
L'Imitationest un chef-d'œuvre de simplicité. Loin des disputes théologiques, elle propose une voie intérieure : le mépris des vanités du monde, l'humilité, le recueillement, l'union à Dieu dans le silence du cœur. «Aime à être inconnu et compté pour rien. » Ce ton personnel, direct, toucha des lecteurs de tous les siècles et de toutes les confessions. Traduit dans des centaines de langues, réimprimé sans fin, il devint le livre le plus diffusé de la chrétienté après la Bible. Sur les pas de Thomas : Zwolle et la colline de l'Agnietenberg où il vécut et fut enseveli, Windesheim berceau de sa congrégation, et Deventer où tout commença pour lui.
Mise en perspective
Thomas a Kempis n'était pas un homme de la Renaissance : il se méfiait de la science et prêchait le retrait du monde. « Que me sert de disserter savamment sur la Trinité, si je manque d'humilité ? » — voilà qui sonne comme le contraire du programme humaniste. Et pourtant, l'insistance de la Devotio Moderna sur l'expérience intérieure, sur la relation personnelle à Dieu par-delà les rites et les institutions, préparait souterrainement deux mouvements du siècle suivant : l'humanisme, qui placerait l'individu au centre, et la Réforme, qui ferait de la foi intime le cœur de la religion. Le moine de l'Agnietenberg, sans le vouloir, tendait la main à Érasme comme à Luther. Son petit livre de renoncement fut, paradoxalement, l'un des germes du monde moderne.
Anecdote mémorable
Selon une légende tenace, on aurait retrouvé des traces d'ongles à l'intérieur du cercueil de Thomas a Kempis, laissant croire qu'il avait été enterré vivant. L'histoire est presque certainement fausse — mais elle dit la fascination durable pour cet homme qui écrivit, mieux que quiconque, sur l'art de mourir en paix.
Importance historique
Il passa près de soixante-dix ans dans un même monastère, sur une colline près de Zwolle, à copier, prier et écrire — et il en sortit un petit livre qui, après la Bible, fut le plus imprimé de toute la chrétienté. Thomas a Kempis, né vers 1380 à Kempen en Rhénanie, mort en 1471 à l'Agnietenberg (le mont Sainte-Agnès), est l'auteur de L'Imitation de Jésus-Christ. Un précurseur silencieux, dont la spiritualité intérieure annonçait déjà un âge nouveau.

