
Contributions & œuvres
Quand le synode de Dordrecht condamna les arminiens, ce fut Simon Episcopius qui, à trente-cinq ans, se leva pour les défendre devant l'assemblée hostile. Successeur d'Arminius à Leyde, orateur brillant et théologien systématique, il transforma un parti vaincu en une Église durable — et fit de la tolérance non plus un rêve, mais une institution.
Le porte-parole des vaincus
Né à Amsterdam en 1583, Simon Bisschop, dit Episcopius, étudia à Leyde où il fut l'élève d'Arminius, dont il devint le disciple le plus doué. Nommé professeur de théologie à Leyde en 1612, il prit la tête des remontrants après la mort de son maître. Au synode de Dordrecht (1618-1619), il fut désigné pour porter la parole des arminiens : mais l'assemblée, dominée par les gomaristes, refusa le débat, les traita en accusés et les condamna. Chassés de leurs chaires et de leurs paroisses, quelque deux cents pasteurs remontrants furent bannis. Episcopius partit pour l'exil.
L'architecte de la tolérance
C'est dans l'exil, à Anvers puis à Rouen, qu'Episcopius accomplit son œuvre la plus féconde. Il organisa les proscrits en une Fraternité remontrante (Remonstrantse Broederschap, 1619) dotée de sa propre confession de foi — qu'il rédigea —, transformant une doctrine condamnée en Église structurée. Surtout, il élabora une véritable théorie de la tolérance religieuse : puisque nul ne peut prétendre détenir seul toute la vérité, l'État doit garantir la liberté de conscience et les Églises doivent renoncer à se contraindre. Après l'apaisement qui suivit la mort de Maurice (1625), les remontrants furent tolérés, et Episcopius revint diriger leur séminaire à Amsterdam. Sa part d'ombre est mince : on lui reprocha surtout un rationalisme théologique qui, en réduisant les dogmes à l'essentiel, ouvrit la porte, chez certains de ses héritiers, à un christianisme si épuré qu'il en devenait tiède.
Anecdote mémorable
La Fraternité remontrante fondée par Episcopius en 1619 existe toujours : c'est aujourd'hui l'une des plus petites mais des plus anciennes Églises des Pays-Bas, connue pour son ouverture — elle fut, au XXᵉ siècle, parmi les premières à bénir les couples de même sexe. Quatre siècles après le synode qui voulut l'anéantir, l'Église née de la défaite arminienne demeure un symbole vivant de la tolérance néerlandaise.
Importance historique
Quand le synode de Dordrecht condamna les arminiens, ce fut Simon Episcopius qui, à trente-cinq ans, se leva pour les défendre devant l'assemblée hostile. Successeur d'Arminius à Leyde, orateur brillant et théologien systématique, il transforma un parti vaincu en une Église durable — et fit de la tolérance non plus un rêve, mais une institution.
