
Contributions & œuvres
Il passa des décennies sur un seul nombre. Ludolph van Ceulen, maître d'escrime devenu professeur de mathématiques, voua l'essentiel de sa vie à calculer, chiffre après chiffre, la valeur de π (pi) — le rapport de la circonférence au diamètre. Il l'obtint avec 35 décimales exactes, exploit tel qu'en Allemagne on nomma longtemps ce nombre la « constante de Ludolph ».
Le maître d'armes calculateur
Né à Hildesheim en 1540 — d'où le flag —, van Ceulen émigra jeune vers les Provinces-Unies, plus libres et plus prospères. Il s'établit à Delft puis à Leyde, gagnant sa vie d'une manière inattendue pour un mathématicien : il tenait une école d'escrime, enseignant à la fois le maniement de l'épée et l'art du calcul. Autodidacte de haut vol, ignorant le latin (il publiait en néerlandais et en allemand), il finit par être nommé professeur à l'école d'ingénieurs fondée à Leyde par Simon Stevin pour former les officiers du génie de Maurice de Nassau. Il y enseigna l'arithmétique, la géométrie et la fortification.
L'obsession d'un nombre — et sa part d'ombre
Toute la vie de van Ceulen tint dans une quête : approcher π toujours plus près. Reprenant la méthode d'Archimède — encadrer le cercle par des polygones à un nombre croissant de côtés —, il poussa le calcul, à la main, jusqu'à des polygones de milliards de côtés, obtenant d'abord 20 décimales (publiées dans Van den Circkel, 1596), puis 35. Sa part d'ombre est celle de toute cette prouesse : elle fut, mathématiquement, un cul-de-sac. La méthode d'Archimède, poussée à l'extrême, exigeait un labeur inhumain pour un gain de précision dérisoire ; une génération plus tard, le calcul infinitésimal donnerait π en quelques lignes. Van Ceulen fut le dernier héros d'une méthode antique, à la veille de son dépassement. Mais son acharnement force le respect : trente-cinq décimales, à la plume, sans machine — un monument de patience humaine.
Infos / repères
Ludolph van Ceulen naquit à Hildesheim en 1540 et mourut à Leyde en 1610. Maître d'escrime et mathématicien autodidacte, professeur à l'école d'ingénieurs de Leyde, il calcula π à 35 décimales (le « nombre de Ludolph »), gravé sur sa tombe à la Pieterskerk.
Anecdote mémorable
Van Ceulen était si fier de ses 35 décimales de π qu'il demanda qu'elles fussent gravées sur sa pierre tombale, dans la Pieterskerk de Leyde. La tombe originale a disparu, mais en l'an 2000, pour honorer sa mémoire, une réplique de la dalle gravée du nombre a été replacée dans l'église. C'est peut-être la seule sépulture au monde dont l'épitaphe est un nombre — la valeur de π à trente-cinq décimales.
Importance historique
Il passa des décennies sur un seul nombre. Ludolph van Ceulen, maître d'escrime devenu professeur de mathématiques, voua l'essentiel de sa vie à calculer, chiffre après chiffre, la valeur de π (pi) — le rapport de la circonférence au diamètre. Il l'obtint avec 35 décimales exactes, exploit tel qu'en Allemagne on nomma longtemps ce nombre la « constante de Ludolph ».
