
Contributions & œuvres
On l'appelle « le Vasari du Nord », et c'est justice : sans le Schilder-boeck de Karel van Mander, des générations entières de peintres néerlandais et flamands nous seraient de purs inconnus. Peintre lui-même, poète, dramaturge, van Mander fut surtout le premier à raconter, en langue vernaculaire, la vie des artistes des Pays-Bas — geste fondateur de toute l'histoire de l'art du Nord.
De la Flandre à Haarlem
Né en 1548 à Meulebeke, en Flandre (Pays-Bas espagnols) — d'où le flag de périmètre —, van Mander se forma en pays flamand, voyagea en Italie (Rome, Florence) où il étudia les antiques et fréquenta les cercles d'artistes nordiques, puis, fuyant les troubles religieux et la guerre, gagna les Provinces-Unies. Il s'établit à Haarlem vers 1583 et y fut, avec Goltzius et Cornelis van Haarlem, l'un des trois animateurs de l'« Académie de Haarlem ». Peintre maniériste raffiné, nourri de son ami Bartholomeus Spranger rencontré à Rome, il produisit tableaux et dessins ; mais c'est sa plume qui allait le rendre immortel.
Le « Schilder-boeck » et sa part d'ombre
En 1604, à Haarlem, van Mander publia son grand œuvre : le Schilder-boeck (« Livre des peintres »). On y trouve un traité didactique de la peinture en vers, des biographies des peintres antiques et italiens (souvent d'après Vasari), et surtout — trésor inestimable — les vies des peintres des anciens Pays-Bas et d'Allemagne, de Van Eyck à ses contemporains, rédigées de première main. C'est notre source première pour des dizaines d'artistes. Sa part d'ombre est celle de toute chronique : van Mander écrit à partir de témoignages, d'ouï-dire, d'anecdotes édifiantes ; il embellit, il moralise, il se trompe parfois de dates. Les historiens le lisent donc avec prudence. Mais sans lui, le vide serait total : il a sauvé de l'oubli un monde entier. Il mourut à Amsterdam en 1606, deux ans après son livre.
Infos / repères
Karel van Mander naquit à Meulebeke (Flandre) en 1548 et mourut à Amsterdam en 1606. Peintre maniériste et co-animateur de l'« Académie de Haarlem », il est surtout l'auteur du Schilder-boeck (1604), première histoire des peintres des Pays-Bas et source majeure de l'histoire de l'art du Nord.
Anecdote mémorable
Le Schilder-boeckne se contente pas de raconter : il enseigne. Sa première partie, leGrondt der edel vry schilder-const (« Fondement du noble art libre de peinture »), est un long poème didactique où van Mander explique aux jeunes peintres comment composer, dessiner le nu, rendre les paysages et les passions. C'est à la fois le premier manuel de peinture et la première histoire de l'art écrits en néerlandais — un livre qui a formé autant qu'il a raconté.
Importance historique
On l'appelle « le Vasari du Nord », et c'est justice : sans le Schilder-boeck de Karel van Mander, des générations entières de peintres néerlandais et flamands nous seraient de purs inconnus. Peintre lui-même, poète, dramaturge, van Mander fut surtout le premier à raconter, en langue vernaculaire, la vie des artistes des Pays-Bas — geste fondateur de toute l'histoire de l'art du Nord.
