Devant l'œuvre
David d'Angers est le grand sculpteur français natif d'Angers — le fils du tailleur de pierre Jean-Louis David, qui donna son prénom à son fils en hommage au peintre Jacques-Louis David. Pierre-Jean David, dit 'David d'Angers' pour le distinguer du peintre, sculpta pendant quarante ans des médaillons en bronze des personnages célèbres de son époque : Goethe, Hugo, Balzac, Chateaubriand, Lamartine, Lafayette, Byron. Ces médaillons sont une galerie de portraits de toute la génération romantique européenne — plusieurs centaines de pièces, les plus importants étant conservés à la Galerie David d'Angers (dans le couvent des Cordeliers, autre site des musées d'Angers).
Symbolisme & lecture iconographique
Le médaillon en bronze est la forme la plus ancienne et la plus durable de portrait — la monnaie, le médaillon commémoratif, l'effigie funéraire. David d'Angers en fit un genre artistique en soi — le médaillon de portrait comme galerie de l'humanité créatrice.
Analyse des émotions
Ces médaillons disent quelque chose sur la fascination romantique pour les grands hommes — l'époque qui produisit les biographies en série, les collections de portraits, les galeries de célébrités. David d'Angers est le Nadar de la sculpture : il voulait photographier (en bronze) tous les génies de son siècle.
Secrets & mystères
David d'Angers légua directement une partie de sa production au musée de sa ville natale — ce legs personnel dit quelque chose sur le patriotisme local d'un artiste qui aurait pu tout garder à Paris ou vendre à des collectionneurs. Sa galerie de médaillons est à la fois une collection d'art et un document d'histoire — les visages des grands de son époque saisis dans le bronze.
Le saviez-vous ?
Parmi les célébrités portraiturées par David d'Angers figure Victor Hugo — dont David sculpta plusieurs médaillons et bustes. Les deux hommes se connaissaient et s'estimaient. Quand David d'Angers mourut en 1856, Hugo était en exil à Guernesey — il écrivit un éloge de l'artiste angevin. Cette amitié dit quelque chose sur la solidarité des républicains romantiques de la génération 1800–1850.

