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La Vis Aérienne (ancêtre de l'hélicoptère) — Maquette d'après Codex B, Institut de France

Maquette d'invention

La Vis Aérienne (ancêtre de l'hélicoptère) — Maquette d'après Codex B, Institut de France

Maquette IBM d'après dessin de Léonard de Vinci (v. 1487–1490)

Dessin original : v. 1487–1490 — Maquette : 1987 (projet IBM)·Maquette en bois, lin, métal — à l'échelle du dessin original du Codex B·Château du Clos Lucé — Musée Léonard de Vinci

Devant l'œuvre

L'obsession de Léonard pour le vol — 'L'oiseau est un instrument qui fonctionne selon une loi mathématique' — se cristallise dans cette vis aérienne : une hélice de lin tendue sur un cadre en spirale métallique, actionnée par des hommes qui tournent des manivelles sur l'axe central. L'idée est géniale dans son principe — Léonard avait compris que l'air est un fluide comparable à l'eau, et qu'une vis peut s'y déplacer comme elle le fait dans l'eau. Le problème : les bras humains ne peuvent pas tourner assez vite pour créer la sustentation nécessaire. La vis aérienne ne pouvait pas voler — mais son principe est celui de l'hélicoptère moderne.

Symbolisme & lecture iconographique

La vis aérienne est plus qu'une machine — c'est une métaphore de la méthode de Léonard : l'observation de la nature (le vol des oiseaux, la mécanique des fluides) transposée en dessin, puis en construction. Le génie de Léonard n'était pas d'inventer ex nihilo mais de lire dans la nature les principes que la technologie humaine n'avait pas encore su reproduire.

Analyse des émotions

Ces maquettes grandeur nature dans le parc du Clos Lucé provoquent une émotion enfantine et philosophique simultanée : le char d'assaut en bois qu'on peut toucher, la machine volante de 12 mètres d'envergure suspendue dans la halle — on comprend viscéralement ce que Léonard cherchait à faire. La frustration de l'idée juste qui ne peut pas encore se réaliser faute de la technologie adéquate.

Secrets & mystères

Les maquettes IBM réalisées à partir des dessins du Codex de Léonard ont révélé quelque chose de surprenant : certaines inventions de Léonard étaient fonctionnelles, d'autres ne l'étaient pas — et dans les deux cas, ce n'était pas toujours là où on l'attendait. Le char d'assaut par exemple : les engrenages sont inversés dans le dessin original, ce qui rendrait la machine incapable de se déplacer. S'agit-il d'une erreur ? D'un sabotage délibéré pour que l'invention ne soit pas copiée si les dessins tombaient entre de mauvaises mains ? Cette théorie du 'bug intentionnel' est sérieusement discutée par les historiens.

Le saviez-vous ?

En 1986, IBM finança la réalisation de quarante maquettes d'après les dessins des codex de Léonard, en utilisant les matériaux disponibles à l'époque (bois, lin, métal). Le projet prit trois ans et mobilisa des ingénieurs, des historiens et des menuisiers. Plusieurs maquettes fonctionnaient partiellement — dont le pont tournant et la pompe hydraulique. D'autres, comme la vis aérienne, ne pouvaient évidemment pas voler mais démontraient la cohérence du principe.

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