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La Chambre de Léonard de Vinci

Espace restitué

La Chambre de Léonard de Vinci

Espace restitué d'après documents historiques

1516–1519 (occupation par Léonard) — restitution XXe s.·Mobilier Renaissance, lit à baldaquin, tapisseries, objets d'époque·Château du Clos Lucé — Musée Léonard de Vinci

Devant l'œuvre

Vous êtes dans la pièce la plus chargée d'histoire du Val de Loire — peut-être de France. C'est ici que Léonard de Vinci est mort le 2 mai 1519, à 67 ans, après trois années de vie au Clos Lucé. La fenêtre donne sur le château royal d'Amboise, à moins de 500 mètres — François Ier pouvait rendre visite à son hôte par un souterrain qui reliait les deux châteaux. Le grand lit à baldaquin sculpté de chimères et d'angelots est une restitution d'époque. C'est dans ce lit, dans cette chambre, que Léonard rédigea son testament le 23 avril 1519 — neuf jours avant sa mort. 'Considérant la certitude de sa mort et l'incertitude de son heure', dit l'acte notarié.

Symbolisme & lecture iconographique

La devise de Léonard, inscrite dans ses carnets : 'Una vita ben piena dà una morte tranquilla' — 'Une vie bien remplie donne une mort tranquille.' Cette chambre est le lieu où la formule se vérifia. Trois années au Clos Lucé avaient été parmi les plus créatives de sa vie — projets d'ingénierie, fêtes de cour, plans du palais de Romorantin. La mort tranquille d'un homme qui n'avait rien laissé en suspens.

Analyse des émotions

Entrer dans cette chambre provoque un sentiment rare en musée : la présence physique d'une absence. On sait que c'est ici. La fenêtre par laquelle Léonard regardait le château royal, le lit où il s'est éteint, l'espace où ses mains ont écrit le testament — tout est à portée de toucher. L'émotion n'est pas celle de l'art mais celle de l'histoire humaine : le génie était un homme, vieux, malade, seul dans une chambre de province française.

Secrets & mystères

La scène la plus célèbre de la vie de Léonard — mourir dans les bras de François Ier — est presque certainement une invention romantique. Le tableau d'Ingres (Petit Palais, Paris) qui la représente fut commandé au XIXe siècle et correspond au goût du romantisme pour la mort du génie consolé par le prince. En réalité, le roi était probablement à Saint-Germain-en-Laye ce jour-là — les archives le situent ailleurs. C'est Francesco Melzi, le fidèle disciple, qui était au chevet de Léonard. Dans son testament, Léonard lègue ses carnets et dessins à Melzi — et son manteau de 'beau drap noir garni de cuir' à Mathurine, sa cuisinière. Ce détail du manteau dit quelque chose d'essentiel : Léonard n'oublie personne.

Le saviez-vous ?

Le souterrain qui reliait le Clos Lucé au château royal d'Amboise est toujours visible en partie. François Ier l'empruntait régulièrement pour rendre visite à Léonard — leurs conversations sur l'art, la philosophie et la science ont inspiré toute une littérature romantique, mais aucun document ne les rapporte directement. Ce que nous savons : le roi payait à Léonard une pension annuelle de 1 000 écus d'or — le salaire d'un grand seigneur.

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