Devant l'œuvre
La Lorraine du XVIIIe siècle — sous le règne de Stanislas Leszczynski — fut un centre de production de faïence de premier plan en Europe. Les manufactures de Lunéville (fondée en 1731) et de Saint-Clément produisirent des pièces d'une qualité et d'une originalité exceptionnelles — figures, animaux, services de table, objets de décoration — dans un style rococo teinté d'influences allemandes et françaises. La collection du Musée lorrain conserve un ensemble remarquable de ces faïences, témoins du raffinement de la cour de Stanislas et du goût lorrain du XVIIIe siècle.
Symbolisme & lecture iconographique
La faïence de table est l'art des repas — la civilisation matérielle des échanges conviviaux. À la cour de Stanislas, qui aimait les bons repas et les bonnes compagnies, la faïence était un décor de la vie sociale. Ces objets quotidiens sont devenus patrimoniaux en survivant à leur usage.
Analyse des émotions
La faïence de Lorraine du XVIIIe siècle a une légèreté et une gaieté qui disent le bonheur de vivre à la cour de Stanislas — un bonheur de surface, peut-être, mais réel dans sa représentation artistique. Ces tasses, ces assiettes, ces figures de terre cuite émaillée sont les objets d'un art de vivre raffiné et fragile.
Secrets & mystères
La manufacture de Lunéville fut fondée sous le duc Léopold Ier en 1731 — peu après que Stanislas fut installé comme duc de Lorraine. Son directeur artistique le plus célèbre, Paul-Louis Cyfflé, y créa des figurines en terre de Lorraine qui furent exportées dans toute l'Europe. Ces figurines — petits personnages de la comédie italienne, scènes champêtres, animaux — sont les ambassadrices de l'art lorrain dans les collections du monde entier.
Le saviez-vous ?
Paul-Louis Cyfflé, le sculpteur de terres lorraines qui travailla pour la manufacture de Lunéville, créa des figurines si populaires qu'elles furent copiées dans toute l'Europe — notamment à Niderviller (Moselle) et jusqu'à Tournai. Ces copies sont parfois difficiles à distinguer des originaux. L'histoire de l'art décoratif est aussi l'histoire de la copie et de la contrefaçon.

