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✦ Peinture ✦

Un vieillard et son petit-fils

Domenico Ghirlandaio

v. 1490

Le peintre

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Domenico Ghirlandaio

Rôle : Peintre et fresquiste

Le peintre qui a mis Florence sur les murs

Regardez bien les grandes parois peintes de Santa Maria Novella : derrière les saints et les anges, ce sont des Florentins en chair et en os qui vous regardent. C'est là tout l'art de Domenico Ghirlandaio. Né à Florence en 1448, fils d'un orfèvre surnommé il Ghirlandaio (le fabricant de guirlandes), Domenico apprend d'abord le métier dans l'atelier d'Alesso Baldovinetti, puis devient, en une génération, le fresquiste le plus demandé de la ville.

Son chef-d'œuvre est double. À Santa Trinita, la chapelle Sassetti (vers 1483-1486), commandée par le banquier des Médicis Francesco Sassetti, déroule les Histoires de saint Françoissur fond de places et de loggias florentines bien réelles ; l'Adoration des bergers de l'autel, datée de 1485, y mêle ruines antiques et ferveur domestique. Puis vient la commande de sa vie : la chapelle Tornabuoni à Santa Maria Novella. Sous contrat signé en 1484 avec Giovanni Tornabuoni, Domenico et son frère Davide couvrent l'abside, entre 1486 et 1490, de la Vie de la Viergeet de laVie de saint Jean-Baptiste. L'un des cycles les plus complets de Florence, et une véritable galerie de portraits de la haute société du temps.

L'art du portrait glissé dans le sacré

Le génie de Ghirlandaio tient à ce geste : insérer les visages de ses contemporains, en costume de leur époque, au cœur des scènes religieuses. Dès 1481, le pape Sixte IV l'appelle à Rome pour la chapelle Sixtine, où il peint la Vocation des apôtres. Son goût du détail, hérité de la peinture flamande, et sa tendresse pour l'humain donnent des tableaux inoubliables comme Un vieillard et son petit-fils (vers 1490, Louvre), d'une émotion rare. Autour de lui tourne un atelier prospère, rodé et rentable, par lequel passent de nombreux apprentis.

Une gloire que la modernité a nuancée

Il faut le dire franchement : la critique a souvent rangé Ghirlandaio parmi les grands narrateurs plutôt que parmi les grands inventeurs. Son style solide, clair, presque sculptural, pouvait sembler traditionnel — voire un peu démodé — face aux audaces d'un Botticelli ou aux recherches d'un Léonard, ses contemporains. On lui a reproché un art parfois mondain, soucieux de plaire aux commanditaires et de chroniquer leur monde plus que de bouleverser la peinture. Paradoxe heureux : sa technique irréprochable de buon fresco a mieux résisté au temps que les expériences de ses rivaux. Et c'est dans cet atelier réputé « classique » que se forma, vers 1487, un gamin de treize ans : Michelangelo Buonarroti.

Origine : Florence

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